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sous des chefs, dont Tite-Live rapporte les nomsi), la race conquérante occupait la côte atetan depuis l'embouchure du Rhin jusqu' à celle de la Garonne, se mêlant aux Gaels— le midi 2t— centre, se maintenant dans sa pureté dans l'ancienne Armorike*) au nord de Fembouchure e la Loire. Le nom de Celtes, que nous donnons aujourd'hui aux peuples d'origine saelique et Aaudiane n'appartient en vérité qu'à une confédération de tribus gaeliques que les anciens— d s'accordent à placer entre les Cévennes, la Garonne, l'Océan et les monts Arvernes. Les marc auds phocéens qui entrèrent dans la Gaule par le littoral de la Méditerranée prirent le nom des tribus de la Celtique méridionale pour le nom générique de tous les Gaulois(comme les Français nous appellent Alamanni) et cette erreur s'étant propagée parmi les Grecs qui finirent par appeler Celtique toute l'Europe occidentale, Strabon prit à täche de la signaler à ses compatriotes. Mais 5i la deno- mination de Celtes) pour les peuples aborigènes de la Gaule implique un emploi abusif auj substitue le nom d'une partie à celui du tout, le protét du docte stoieien n'a pu empécher qu'elle ne fat consacrée par l'usage.
Quelle que fůt la dissemblance entre les idiomes des deux rameaux de la race gauloise, dissemblance parfaitement constatée par la philologie moderne et relevée d'abord par César, puis plus particulièérement par Strabon qui la disait petite comparée à celle qui les séparait l'un et l'autre des Aquitains, elle s'est prolongée jusqu'au commencement du cinquième siècle de notre ère. ⁴)
Il est même très-probable que ces différences se sont maintenues sur quelques points de la Gaule, soustraits à l'action des idiomes germaniques, jusqu'à l'extinction entière du celtique qui, dés le siècle suivant, parait avoir succombé sur tout le territoire gaulois à l'exception de la corne armoricaine.
& cette époque l'élément gaulois de la presqu'ile venait d'étre renforcé par une immi- gration de l'ile de Bretagne qui eut lieu de 463 à 473 à la suite des défaites que les Saxons appelés par le roi Gworteyrn, se voyant impuissant à défendre son pays contre les Pictes et les Scotsö), avaient fait essuyer aux Bretons. Cet accroissement de la race indigène par des hommes en qui elle reconnaissait des freères d'origine opposa une barrière à l'irruption de la langue latine en don- nant un puissant appui à la nouvelle organisation des tribus armoricaines qui, des l'année 410,
¹) Tum Sigoveso sortibus dati Hercynii saltus: Belloveso haud paulo laetiorem in Italiam viam Dii dabant (Liv. V, 34).
²) Universis civitatibus quae Oceanum attingunt quaeque eorum consuetudine Armoricae appellantur etc. Caes. B. G. VII, 75 Armhuirich ou Armhoirick kymr. ar; irlandais auir, ar(in, ad) kymrique et armoricain mor, irl. muir(génit, mora) mare.(Zeuss Gr. celt. p. 6, 15 passim).
²) gael. koilte, forét; ceil cacher; ceiltach, vivant dans les bois, hommes de la forét, dénomination qui répond
parfaitement au caractère topographique de cette partie de la Gaule qu'ils occupaient; gael. ceiltean kymr. calydonn, contrée couverte de bois, d'oùð Caledonia.
*) Dans un des dialogues de Sulpice Sévère(I, 20) un Gaulois du nord de la Loire s'excuse sur la rusticité de son latin qu'il hésite à débiter devant les hommes cultivés du Midi qu'il est venu entretenir des actions de St. Martin disant: Dum cogito, me hominem Gallum inter Aquitanos verba facturum, vereor, ne offendat vestras nimium urbanas aures sermo rusticus. Audietis me tamen ut Gordonicum hominem nihil cum fuco aut cothurno loquentem. Et les Aquitains de lui crier: Vel celtice aut, si mavis, gallice loquere, dummodum jam Martinum loquaris.
5) Peuples de race gaelique.


