Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 2. Teil. Die germanische Invasion / von Ludwig Ehlers
Entstehung
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avait absorbés. A la fin du 9e siècle vingt-neuf provinces ou cantons se sont érigés en petits états. A la meme époque la société a trouvé l'instrument de sa pensée dans la langue qu'elle a créée pour vexpression de ses besoins intellectuels: la poésie jaillit de l'däme du peuple sorti de la fusion des races. Il est à regretter que ce premier échantillon de poësie française ne se soit pas conservé. Un passage de la Chronique des ducs de Normandie nous apprend que c'tait ce ſque les trouveères appelaient une male chanson ¹), adressée au comte Ebles de Poitou qui, attaqué à l'improviste la nuit par les Normands, s'était caché chez un foulon

Vers en firent e estrabo⸗z Ci out assez de vilains moz.

Un siècle s'était a peine écoulé que déjà 55 fiefs se partageaient la Gaule. Le compagnonnage zermanique, soutenu par des tendances analogues daus la société celtique, S'était transformé en vasselage. Les rapports d'homme à homme avaient vaincu l'idée de l'Etat réalisée par Rome. La féodalité fut Pexpression historique de l'esprit d'individualité dont Dieu a doué les Germains. Aussi les oeuvres littéraires de cette époque sont-elles le produit de l'esprit féodal plutôt que celui d'un peuple qui m'avait pas encore le sentiment de sa nationalité. Ecrites dans la langue romane des Gaules, les Chausons de Geste portent au front le cachet du génie germanique qui les a produites Charlemagne domine dans ces grandes épopées toutes les traditions locales. C'est le centre convergent tous les souvenirs historiques. En lisant la Chanson de Roland, la plus ancienne de ces grandes épopées, on sent comme un souffle de l'àpre génie de la patrie allemande et la pensée, cherchant parmi les vivants un type du grand empereur et de ses francs chevaliers, s'arrête involontairement sur la noble figure de Guillaume I, notre empereur ki la barbe ad flurie et sur ses vaillants et fidèles compagnons d'armes.

Bien que la valeur intrinsèque de quelques-unes de ces épopées les place au premier rang de la poésie épique de toutes les nations, c'est au cachet tout germanique dont elles sont empreintes qu'il faut attribuer la grande vogue que, dès le 12° siècle, elles ont eue chez les peuples du Nord.

Ce fut une belle et grande époque que celle qui recueillit le fruit des siècles de préparation et d'élaboration. La société nouvelle sortie du mélange des races se sentait pleine de vie et d'avenir. Les divers éléments qui l'avaient composée, génie celtique, génie romain, génie germanique, tout s'était pénétré, fécondé, tout avait sa part dans l'eftervescence de production qui signalait le grand éveil de Pesprit humain. La scolastique mit la raison humaine hors de page. Son influence fut prompte et profonde. Le Diabolus d'un mystère du 12 siècle se fait une arme de sa méthode syllo- gistique et rationnelle ²), pour séduire les premiers hommes. C'est un digne précurseur du Méphisto de Goethe et qui ne lui est pas toujours inférieur. Mais comme si la parole n'eüt pas suffi pour

1) Bataille avrum e forte e adurée,

Unches mais hom tel ne vit ajustée.

Jo i ferrai de Durendal m'espée,

E vos, compaing, ferrez de Halteclere

En tanz lius les avum nos portées

Tantes batailles en avum afinés,

Male chançun n'en deit estre cantée. Aoi. Ch. d. R. 1460. 1) Adam, publié par M. Luzarches, p. 10 sqq.