Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 2. Teil. Die germanische Invasion / von Ludwig Ehlers
Entstehung
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issue. Les morceaux cités présentent encore un autre intérét: c'est la rime. L'accent dans les

mots rimés de la chanson populaire de 623 portant sour l'o, les syllabes finales se ressentaient du voisinage de la syllabe accentuée, elles s'assourdissaient ou disparaissaient tout-à- fait. Il en est de méme des formules rhythmées. Naus arrivons ainsi par une flliation directe d'un côté aux laisses de Commodien et de saint Augustin, de l'autre à celles des trouvères et troubadours.

La rapide décadence de la langue au 7e siècle tient à l'abaissement moral et intellectuel qui alors était devenu général dans les Gaules. Les moines d'Irlande furent les ardents auxiliaires de la papauté dans sa lutte contre l'immoralité ¹) qui avait gagné la population gallo-franke, laiques et clercs, évêéques et abbés. Hs finirent par opposer une digue au débordement des Passions brutales. Les monastères qu'ils fondèrent ²) furent autant d'asiles se réfugièrent la eivilisation chrétienne et l'ardeur pour la culture esthétique de l'antiquité. Ce sont eux qui nous ont trausmis les livres et les langues de l'antiquité. IIs devinrent les régénérateurs littéraires de la Gaule. Dans leurs écoles ils instruisaient les fils des nobles Gallo-Franks appelés à gouverner les provinces, à occuper les fonctions de l'Etat ou à diriger les dmes comme dignitaires de l'Eglise. IIs répandaient les lumières dans les campagnes restées en dehors de la civilisation de Rome qui se concentrait dans les villes. IIs ressuscitaient le latin théologique pour s'en servir dans leurs conversations et dans''enseignement de la grammaire. Sujette, dans son essence, ni à J'altération ni à la corruption, la langue des auteurs chrétiens devient un point fixe au milieu de la décomposition de la langue vulgaire, elle intervient dans la mobilité du parler populaire, en dompte les tendances dispersives et inspire la force plastique de P'esprit collectif. L'idiome naissant trouve un support et un guide dans la renais- sance des lettres évoquées par Colomban et ses disciples de race celtique et germanique.

Les serments prononcés en 842 ont été rédigés d'abord en latin, puis traduits dans les idiomes nationaux respectifs. On peut l'inférer avec certitude des tours de phrases, formules de serments, qui apparaissent si souvent dans les Capitulaires de Charles-e-Chauve. Je cite d'après l'édition de Baluze, Parisiis MDCLXXVII

Ad nostram communem salutem et Pro deo amur et pro christian poblo et honorem et ad populi Christiani nobis com- nostro commun salvament missi salvamentum et pacem(II, 106.)

De ista die in antea(II, 226.) d'ist di en avant de ista die in ante(II, 146.)

Quantum mihi Deus scire et posse do- in quant deus savir et podir me dunat naverit(II, 138) secundum meum savirum (II, 171.)

Consilio et auxilio sic adjuvet frater si salvarai eo cist meon fradre Karlo-si fratri per rectum facere debet(II, 48.) cum om per dreit(di-rectum) son fradra

salvar dist(s parasite) etc. La formation de la langue francaise marche de pair avec l'établissement de la féodalité. L'unité

d'emprunt à laquelle les rois franks avaient tenté en vain de donner vie et force, est minée sans cesse par l'esprit d'individualité que les Germains avaient apporté comme morgangeba à la société qui les

1) Baluze I, 145, 149, 360, 368, 531. Greg. Tur. IX, 3. Fred. cap. 60.