Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 2. Teil. Die germanische Invasion / von Ludwig Ehlers
Entstehung
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plus de variété et d'harmonie. Ces désinences une fois tombées, force fut à la langue vulgaire de suppléer à la perte. Pour satisfaire à la nécessité de distinguer nettement les rapports, elle eut recours aux prépositions et le fond latin ne suffisant pas à la täche, elle en accoupla jusqu'à trois pour différencier les rapports qui se présentaient à l'esprit, ou bien elle l'augmenta par des adverbes qui alors prirent les fonctions de prépositions. Des langues qui s'étaient dégagées du latin, celles de la Gaule avaient gardé deux cas, l'un pour le sujet, l'autre pour le régime. Cette particularité grammaticale leur permettait des inversions ¹) qui sont interdites aux autres langues romanes comme elles le sont au français moderne. L'absence d'un cas particulier pour le sujet(c'est le cas-sujet que le francçais, à quelques exceptions près, a perdu dans le remaniement qu'il subit au quatorzième siècle) les assujétit à la marche logique, distinguant le sujet du régime direct par la seule place dans l'arrangemeut des mots. Que nous mettions pater et patrem avant ou après le verbe, cela tient au goũt, au tour oratoire; la place de père est un fait grammatical. Cette industrie du langage vulgaire, indiquée du reste par la langue classique, d'avoir recours aux prépositions pour exprimer dces rapports que cette dernière marquait par des flexions, est devenue ane grande ressource pour les langues romanes, elle leur permet, par l'affinité toute spéciale que les prépositions contractent avec l'idée des mots qu'elles régissent, d'accuser trèés-finement des nuances de rapport que les seules flexions dont chacune était chargée de fonctions différentes, interdisaient à la langue synthétique. Grégoire de Tours oublie souvent le cas, qu'exigeraient dans la langue savante les prépositions dont il se sert pour exprimer les rapports. A la première lecture on se trouve déconcerté, mais quand on compare son langage à celui des Capitulaires, une faible lueur vient percer les ténèbres. On sent qu'un principe nouveau s'efforce de se faire jour au travers des décombres La force plastique qui recueille les débris de la syntaxe, qui crée sur un nouveau plan ²) ne procède que par lois générales. Tantôt elle s'attache, en les généralisant, aux lois régissant la langue qui se trouve aux prises avec des éléments hostiles, tantôt elle subit l'action de l'idiome germanique et s'en fait l'instrument. Je crois qu'on pourrait parvenir à déméler les lois qui sont actives dans cette apparence d'anarchie. En tout cas, tout n'y est pas confusion. Though there be madness, yet there is method in't.

Le langage de Frédégaire porte le même caractère. Les solécismes y sont plus nombreux; la décadence du langage a fait des progrès rapides dans l'intervalle qui sépare le moine bourguignon du saint évéque. Mais dans les temps historiques décadence et évolution de langage sont identiques). L'élaboration se fait sur une vaste échelle. Les lettres se taisent.

Hildegaire, évéêèque de Meaux sous Charles-le-Chauve, nous a conservé dans sa Vie de saint Faron deux couplets d'une chanson populaire qui célébrait la victoire que Chotaire II remporta sur les Saxons en 623. Les voici:

De Clotario est canere Rege Francorum

Qui ivit pugnare cum gente Saxonum

Quum graviter provenisset Missis Saxonum

Si non fuisset inclytus Faro de gente Burgundionum!

...... 3...........

1) Mes enfants garderont li chien ou li chien garderont mes enfants.

2) Ut inter tabulas adspicere homo non posset. Hist. II, 12 homo-om dans le serment de 842: si cum om per dreit fradra salvar dist.

3) Schleicher, Compendium, p. 4.