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s'éteignait, les écoles étaient désertes. L'Elise seule quelle qu'ait été sa chute dans ce long et sombre chaos qui se prolongea jusqu'au neuvième siècle, garde le fil de la tradition lettrée. Les débris de la civilisation se réfugièrent dans les monastères. L'action de la langue lettrée cessa sous les désordres qui désolaient la monarchie franke, la langue vulgaire prit définitivement le dessus. Cette décadence fut si rapide que S. Avite(mort en 525) déclare renoncer à écrire désormais en vers faute de personnes qui pussent les comprendre„nec in eo immorari quod paucibus intelligentibus mensuram syllabarum servando canat.“ Soixante ans après, les choses étaient bien pires encore. On n'a qu'à ouvrir Grégoire de Tours(mort en 593), issu d'une famille qui était depuis longtemps distinguée par les grandeurs mondaines et ecclésiastiques pour se convaincre par son style du changement qu'avait subi la langue classique; il en gémit lui-même en s'écriant:„Vae diebus nostris quia periit studium literarum a nobis“
La littérature subit le coup des perturbations profondes qui travaillaient la Gaule. Grégoire de Tours. placé au milieu d'une société dont la culture intellectuelle baissait de tout point, malgré l'éducation savante qu'il avait reçue, ne pouvait se préserver des influences hostiles qui passiégeaient de tous côtés. II lutte contre la langue qui ne se préte plus à sa peusée et par ses efforts il achève de la ruiner. Grégoire devient ainsi la personnification du travail spontané et latent de son temps cherchant à se créer un instrument qui satisfasse aux exigences de son esprit collectif. Les Germains avaient brisé la grande synthèse romaine. C'est sous leur influence que le parler vulgaire développa les faibles tendances analytiques de la langue lettrée qui s'adaptaient mieux à leurs habitudes intellectuelles que ne faisait la complexité synthétique de la langue savante. Cependant à côté de la force qui dissout, limitée d'ailleurs dans son action par la puissance coërcitive du fond primordial, il y en a une autre qui crée et qui conserve. Le génie de ln société nouvelle est à Poeuvre; au milieu de cette l'instabilité de toutes choses il féconde le sol violemment labouré par le mélange de races, de langages et d'idées.
Les solécismes dont l'évéque historien s'accuse lui-méême ¹) sont comme les premiers et faibles vagissements d'une langue nouvelle. Tantôt ce sont des tours insolites comme eo bro quod pour quoniam ou des altérations phonétiques comme la désinence inchoative iscere au lieu de escere, tantôt c'est la confusion des genres ou bien ce sont des fautes de rection des prépositions. Ily a là de quoi effrayer les partisans du classicisme. Mais celui qui voit dans les changements que subit le langage l'effet d'une loi à laquelle sont assujéties toutes les créations de l'univers, suivra avec un intérét croissant les phases que parcourt la langue avant d'arriver à cet état de perfection relative qu' elle atteint au moment ouù, après l'absorption de l'élément germain la société gallo-franke s'est consolidée daus le régime féodal. La langue prèétant alors un soutien à la pensée, l'esprit prend son essor et une littérature vibrante d'un enthousiasme religieux et guerrier nous retracera l'image de la soicété qui l'a produite. Celui qui mettrait alors une savante reproduction phonétique de quon iam
1) Timeo ne quum scribere caepero, quia sum sine literis rhetoricis et arte grammatica, dicat mihi aliquis: Ausu rustico et idiota ut quid nomen tuum inter scriptores indi aestimas? Aut opus hoc a peritis accipi putas cui in- genium artis non suppeditat, nec ulla literarum scientia subministrat? Qui nullum argumentum utile in literis habes, qui nomina discernere nescis; saepius pro masculinis feminea, pro femineis neutra et pro neutris masculina cmomutas? Qui ipsas quoque praepositiones qnas nobilium dictatorum observari sancit auctoritas, loco debito, plerumque non locas Nam pro ablativis accusativa et rursum pro accusativis ablativa ponis. Putasne, videbitur, ut bos piger palestrae ludum exerceat?— Gloria Conf., prologus.


