Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 2. Teil. Die germanische Invasion / von Ludwig Ehlers
Entstehung
Einzelbild herunterladen

7

avait opérée dans les esprits. Les auteurs paiens qui avaient éerit sous P'influence du- cosmopolitisme en avaient été comme un prélude lonain. Les ouvrages des Tacite, des Sénèque, des Pline portent un caractère presque moderne. Mais cette sève s'épuisa bientéöt. Elle s'éteignit avec la verve nationale que le cosmopolitisme dont elle était le produit, n'avait fécondée que pour la détruire plus complétement La réaction du génie romaincontre la littérature grecque qui dès le temps d'Adrien et des Antonins avait envahi tous les domaines de la culture intellectuelle, se heurta contre des impossibilités: elle devait échouer. L'hellénisme ne suecomba que quand les événements politiques eurent transféré dans l'Occident le centre d'action de pempire. L'Eglise se l'assimila. Que, dans ce procès, elle perdit de sa pureté, que le classicisme y subit des altérations, qui pourrait le nier. Mais ce ne fut qu'à ce prix que la doctrine chrétienne put conquérir le monde et que la culture classique put être sauvéc de la tourmente qui accompagne l'invasion des hommes du Nord. II était réservé à PHumanisme et à la Réforme religieuse de restituer dans leur intégrité l'un le classicisme antique, l'autre la doctrine du Christ ¹).

En possession de toute la culture savante du paganisme, les docteurs chrétiens, par l'énergique expression de l'individualité, la richesse et la variété de pensées brisèrent le moule traditionnel de la culture esthétique, trop étroit pour recevoir les idés nouvelles que l'Evangile avait versées dans leurs àmes ardentes. Cette littérature chrétienne prenant les proportions du vaste empire romain, constitua, dès le commencement du troisième siècle de notre ère, une littérature universelle que Goethe révait pour l'avenir.

La langue, instrument decette littérature, ne vivait pas seulement dans les ouvrages des érudits, les hym- nes des poëtes, les sermons des évéêques et des clercs; l'Etat s'en servait dans ses négociations et ses actes officiels, elle riait dans la chanson bacchique et courait les rues avec la chanson populaire. Elle présida à la formation du style des langues vulgaires dont elle augmentait le dictionnaire, comme elle²) leur empruntait bon nombre de mots tout en en créant de nouveaux des racines de son fond primordial ³), la meilleure preuve de sa vitalité.

Lorsque les anciennes écoles de la Gaule se transformèrent en écoles ecclésiatiques, les ouvrages des Pères de l'Eglise qui y étaient lus de préférence avec les poëtes et les historiens chrétiens), devinrent des modeles de style pour le petit nombre de laiques qui recherchaient encore la culture intellectuelle. Une futilité incroyable s'était emparée des esprits, avait détruit tout sentiment un peu élevé, toute idée un peu étendue. Sur le vieux sol des Gaules comme dans toutes les autres parties de l'empire les chanteurs avaient chassé les philosophes. Ni les calamités publiques ni les malhenrs personnels ne pouvaient réveiller dans ces âmes dégradées le sentiment du devoir. Pendant les longues guerres qui déchiraient le royaume des successeurs de Chlodovech, le gouùt des études

1) Ebert, Geschichte der christlich-lateinischen Literatur, p. p. 12, 109. passim.

2) Les plus anciens monuments de la poésie chrétienne latine destinés à l'instruction populaire témoignent de la tendance prononcée qui la domine de substituer'accent à la quantité. Les vers d'un acrostique de Commodien com- posé vers 280 se terminent tous en o, espèce de rime imparfaite que les anciens poëtes français remplacent par une assonnance simple et vague. Un Abecedarius composé en 393 par S. Augustin dont tous les vers se terminent en

e offre un autre exemple curieux de laisses ou tirades dans la littérature chrétienne. Ebert. op. cit. p. p. 89. 90. 242. Wolf, Sequenzen und Leiche p. 184. 3) Hauschild, die Grundsätze und Mittel der Wortbildung bei Tertullian. 4) Histoire litéraire de la France. Par des Religieux bénédictins de la Congrégation de S. Maur. III. passim.