Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 2. Teil. Die germanische Invasion / von Ludwig Ehlers
Entstehung
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put les soumettre. IIs ne succombeèrent qu'après die ans de luttes furieuses aux forces de tous les Franks réunies dans les mains de Pépin. Cependant ils restèrent un peuple à part sous la monarchie carlovingienne. Dans le démembrement de l'empire de Charlemagne la Septimanie fut morcelée comme le reste. Le comté de Toulouse périt définitivement après une guerre atroce contre les Barons du Nord. Les malédictions que Guillem Figueira¹) lança contre Rome fut le chant de mort de l'indépendance provencale.

Rien ne donne une idée plus vraie de la profonde différence qui existe entre la conquête romaine et P'invasion germanique qu'un examen comparé des dialectes français. Ce que la Narbonnaise avait été pour la conquête de Rome, le pays entre la Meuse et l'Escaut le fut pour celle des Franks qui s'y étaient établis en masse depuis le commencement du quatrième siècle. Les Romains, peuple historique par excellence, poursuivaient un but, se rendaient compte des moyens; ils continuaient la conquête en minant l'existence intellectuelle des races indigènes: pour assimiler les peuples vaincus, ils extirpaient les moeurs, la langue, la religion nationales. Depuis le versant des Alpes jusqu'à l'Océan et aux rivages de l'Escaut et de la Meuse, Rome substitua sa langue à celle des indigènes qu'elle constituait héritiers de sa civilisation. La disposition géographique des dialectes français n'est nulle part interrompue par l'influence de causes hétérogènes; ils ne diffèérent point dans leur essence ni entre eux ni des autres langues romanes, leurs soeurs, mais seulement par des dégradations que le relächement de la force d'expansion de Rome, diminuant à mesure qu'elle s'éloignait de son centre et l'invasion des Barbares ont fait subir à la forme des vocables. Les mots sont dans la langue provençale d'une ampleur qui, à la verité, n'est plus celle de l'Espagne que les Germains ont par- courue plutôt que conquise, ni celle de l'Italie, berceau de la langue que la conquête avait transmise aux Gaulois, mais ils sont plus pres de leur source que ceux des autres dialectes francais. Les Franks, peuple incivilisé à l'époque qui nous occupe, dépourvus de toute puissance d'organisation, se contentaient dans leur incurie barbare du rôle de conquérants farouches et redoutés. Aussi le dialecte français que parle aujourd'hui la population de cette contrée qui fut le siége primitif du- pouvoir des Franks dans la Gaule et le point de départ pour leurs conquêtes ultérieures ne témoigne-t-il de la longue coéxistence des races que par des contractions plus fortes, des permutations inattendues, mais régies les unes et les autres par des lois aussi régulières que le dictionnaire des autres dialectes romans. La vie romaine est aussi vivace dans le dialecte wallon que dans le reste les langues issues du tronc latin ²).

Les relations entre les Franks et les Gallo-Romains ne dataient pas seulement depuis les événe- ments qui mirent fin à la domination romaine dans les Gaules. Longtemps avant cette époque, des troupes de Franks remplissaient, sous des chefs nationaux les cadres vides des légions, cantonnées dans l'Espagne et dans les Gaules. Nous avons vu que leurs tribus méridionales régnaient en maitres sur une population romaine d'institutions et de langue un demi siècle avant la marche

1) Bartsch, Chrestomathie provençale p. 195.

2) Le patois wallon présente meme des mots qui sont plus près du latin que les mots correspondants de la langue littéraire. Caire nous transporte dans la première période de formation de la langue d'oil; med(Li Dialoge Grégoire lo Pape que M. Wendelin Foerster vient de publier ont meide,) répond comme le vicux français miege à medicus, tandis que le mot littéraire provient de medicinus pris substantivement, et kan de l'allemand kant reproche a la langue littéraire la bévue de direposer une brique de champ, confondant canthus qui aurait fourni chant avec campus qui n'a qui faire ici(Cfr. le Dict. étym. de la langue wall. par M. Ch. Grandgagnage)