Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 2. Teil. Die germanische Invasion / von Ludwig Ehlers
Entstehung
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Tout concourait ainsi à amener un rapprochement entre les Romains et les Barbares, mais il fallut une vie commune de cinq siècles pour fondre les races en une société nouvelle. Dès les premiers temps de la conquête les Gallo-Romains réagirent sur leurs vainqueurs. L'Eglise leur remit cet élément de culture intellectuelle qui était resté vivace sous la corruption du- monde antique. En les initiant aux idées d'unité et de charité, étrangères à leur génie, elle dompta leur barbarie. Les Barbares, de leur côté, après avoir brisé la fausse unité de Rome, qui n'était que l'égalité sous le despotisme, y substituèrent cette conscience de la valeur de l'individu, ce sentiment énergique d'indépendanco auxquels l'Europe est redevable du besoin de liberté qui est devenu le ferment de la civilisation moderne ¹). L'eamour de liberté que les races pures et fortes avaient respiré dans les forèts de la Germanie sauva le don le plus précieux que l'antiquité a légué à la société nouvelle, la liberté de penser ²) que l'Eglise n'aurait pas manaué d'étouffer, si elle s'était trouvée seulement en présence de la corruption antique.

Les Germains qui avaient occupé les contrées de la Gaule appelées depuis la Neustrie, étaient en trop petit nombre pour ne pas disparaitre dans la masse de la population gallo-romaine qui avait l'avantage d'une civilisation supérieure. Leur absorption fut si prompte qu'au sixième siècle déjà Childebert la consacra en prenant le titre de roi des Francs et des Neustriens et que, dans la douzième année du règne de Dagobert, les Austrasiens et les Neustriens demandèrent à former des royaumes séparés ³). Si cette séparation eüt dès lors eu lieu, l'élément germanique aurait péri sans laisser de traces de son existence. Henreusement pour la Gaule et disons pour l'humanité il n'en devait pas étre ainsi. Les Gallo-Franks s'étant ligués avec les Aquitains, Charles Martel leur imposa sa domination. Cette victoire fut comme une nouvelle infusion de sang germain). Les Gallo-Franks se retrempèrent aux sources pures de la Germanie appelée à rafraichir le sang et renouveler la vic qui s'échappait de la société romaine. L'élément germain fut désormais assez fort pour que, de sa fusion définitive avec les Gallo-Romains il sortit une nationalité douée d'une puissante vitalité. Le traité de Verdun, en mettant un terme aux guerres civiles qui avaient déchiré l'empire des Franks sous les flls de Louis le Débonnaire ne fit que sanctionner par un acte d'Etat la scission profonde que la diversité nationale avait opérée dans les esprits

Le génie romain s'était incarné dans le Midi de la France. Le peuple y garde jusqu'à n08 jours un caractère distinet qui, mal déguisé sous la civilisation uniforme de la France rappelle le génie juridique de Rome. Les Visigoths, ariens qu'ils étaient, n'avaient pu prendre racine dans la population orthodoxe Chassés par les compagnons de Chlodovech, l'élément romain qui avait vécu à l'écart pendant la domination étrangère avait repris le dessus. Chlodovech, disent les chro- niqueurs était maitre de la Gaule; pour le Midi il ne l'était que de nom. Ni lui ni ses successeurs ne pouvaient venir à bout d'assujétir les hommes du Midi. Bien qu'ils y descendissent à plusieurs reprises?), mettant tout à sang et à feu, l'Aquitaine resta debout. Lorsque, après la défaite des Neustriens, les Aquitains se furent alliés avec les Arabes, Charles Martel les vainquit, mais il ne

1) F. Laurent. Etudes sur l'histoire de l'humanité passim.

2) Guizot. Cours d'histoire, leçon XXX.

3) Fredeg. LXVI.

4) F. Laurent op. cit. 176.

5) Greg. Tur. Hist. IV, 10 sq. A. Thierry Dix ans d'études histori ques. Seconde partie XIII.