Aufsatz 
Quelques remarques sur "Werther" de Goethe et "Ultime Lettere di Jacopo Ortis" de Foscolo / Friedrich Deubner
Entstehung
Einzelbild herunterladen

9

ments, a eu quelques-unes des idées de Werther, chacun retrouve dans le héros du roman quelques traits de son propremoi,

Werther est un livre allemand qui, sous beaucoup de rapports, nous rappelle souvent la seconde moitié du dix-huitieme siecle, mais en méême temps c'est un livre qui a un caractere plus universel, qui appartient à toutes les époques et à tous les pays.

Foscolo a fait de son héros un proscrit, un homme malheureux de son exil, malheureux de l'asservissement de sa patrie. II y a deux passions dans l'äme d'Ortis, son cœur est partagé entre deux sentiments, son amour pour sa patrie et sa passion pour Teresa. Au point de vu littéraire c'est un défaut d'unité auquel vient s'ajouter un autre défaut non moins grave: le manque de développement dans son caractere. Foscolo a fait d'Ortis un tres bon patriote et un homme d'un caractère noble, d'une nature poétique tres intéressante; mais par même il a détruit l'idée philosophique que pourrait contenir son livre. Des le commencement du roman nous voyons Ortis décidé à mourir, il ne veut pas survivre à la ruine de sa patrie. Dans la deuxième lettre nous lisons:Potrò io vedermi dinanzi agli occhi coloro che ci hanno spogliati, derisi, venduti, et non piangere d'ira? Devastatori de' popoli, si servono della libertà come i papi si servivano delle crociate. Ahi! sovente disperando di vendicarmi, mi caccerei un coltello nel cuore per versare tutto il mio sangue fra le ultime strida della mia patria,.

Il voit Teresa, s'éprend d'elle et le désespoir du citoyen est combattu par les illusions de l'amant. On pourrait le comparer à un malade qui, en dormant, ne ressent pas ses douleurs. Tant qu'il peut espérer de posséder Teresa, il y a dans son cœur un combat incessant entre les deux passions. L'idée du suicide est refoulée, pendant que ses pensées eéet ses sentiments sont occupés par son amour. Mais plus il voit, que ses rêves d'amour sont à jamais irréalisables, plus la pensée de la mort reprend sa premiere intensité. IIl écrit dans la lettre du 17 mars: io vivo se non per lei sola: e quando anche questo mio nuovo sogno soave terminerà, io calerò volentieri il sipario,.

Un jour arrive oùð il apprend que son amour est partagé par Teresa, en méême temps elle lui dit:Je ne pourrais jamais être à vous, Des ce jour la résolution fatale du patriote reprend son empire. Désormais elle ne rencontre plus d'obstacles dans son amour désesperé; au contraire, elle y puise une force nouvelle. Ortis se tueé. Mais qu'est-ce qui lui a mis le poignard à la main? Est-ce l'image de la patrie trahie, vendue aux étrangers ou le désespoir de l'amant? Ortis ne veut pas qu'on croie qu'il se tue par amour. Dans une de ses dernieres lettres nous lisons:

No, cara giovine; non sei tu cagione della mia morte. Tutte le mie passioni dis- perate; le disaventure delle persone più necessarie alla vita mia; gli umani delitti; la sicurezza della mia perpetua schiavitu e dell' obbrobrio perpetuo della mia patria venduta tutto insomma da piu tempo era scritto; e tu, donna angelica, potevi soltanto disacerbare il mio destino; ma placarlo, oh! non mai.,

Pourtant qui pourrait nier que Teresa ne soit la cause prochaine, immédiate de cette mort? Est-ce que l'amour de la patrie était si fort dans le cœur d'Ortis qu'il se serait suicidé, s'il avait réussi à obtenir la main de Teresa? Qui oserait l'affirmer? On voit que le per- sonnage d'Ortis est complexe et qu'il y a en lui deux hommes distincts: le citoyen et l'amaut. Il manque quelque chose à tous les deux. Ortis n'est vrai que pour une certaine époque et

2