Aufsatz 
Quelques remarques sur "Werther" de Goethe et "Ultime Lettere di Jacopo Ortis" de Foscolo / Friedrich Deubner
Entstehung
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cœur féminin; les qualités et le caractère qu'il a donnés à Charlotte le prouvent suffisamment. hest une remarque vraie dque les hommes se sentent entrainés vers les femmes possédant les qualités qui leur font défaut. Werther en donne bien la preuve. Comment était-il possible qu'il püͤt rester indifférent à une jeune fille telle qu'il nous la décrit dans la lettre du 16 juin? Elle joint à l'ame pure et naive d'un enfant les grâces pudiques de la vierge, la raison supérieure d'une femme qui est placée dans une position difficile et n'ignore pas tous les devoirs que cette position lui impose.

Avec quel art parfait Goethe trouve les circonstances qui mettent en lumieère toutes les perfections de Charlotte! Ainsi elle soigne son ami malade, partout elle va la joie et le bonheur naissent sous ses pas. Elle rend une visite au vieux pasteur et celui-ci est tellement enchanté de son amabilité et de la maniere délicate avec laquelle elle cherche à lui faire oublier les infirmités de la vieillesse qu'il semble redevenir jeune.

Comparons avec elle Teresa. On voit tout de suite l'infériorité de Foscolo. Tout ce qu'Ortis peut nous dire apres l'avoir vue pour la premiere fois se résume en quelques mots: Je l'ai vue, l'enfant divine! Voilà une description assez vague et insignifiante. On a l'im- pression que la beauté physique seule l'attire et le captive. Dans la lettre du 3 décembre Ortis raconte qu'il a entendu Teresa chantant des chansons de Sapho et jouant de la harpe. Il s'enhardit et la surprend. Elle était vêtue assez légerement. Cela l'embarrassait un peu, mais n'empéchait pas la fiancée d'Odoardo de rester en présence d'un homme dont elle avait fait la connaissance quinze jours auparavant. Une autre fois Ortis la trouve endormie et s'extasie à la vue de ses charmes dévoilés. Dans toutes les remarques d'Ortis nous trouvons toujours que c'est avant tout la beauté corporelle de Teresa qui a fait naitre l'amour dans son cœur. Il est vrai qu'elle reste chaste et résiste aux entrainements de la passion. Mais elle doit cette chasteté moins à sa force de volonté et de caractere qu'à la nécessité pour l'auteur de la conserver pure; car qu'aurait-il fait d'une Teresa séduite? Elle est fiancée à un homme qu'elle déteste et en aime un autre avec lequel elle deviendrait certainement heureuse. Pour- tant elle ne fait jamais le moindre effort pour sortir de cette misérable situation.

D'Odoardo, le fiancé de Teresa, Foscolo nous donne un portrait tres peu flatteur. C'est un homme n'ayant pas dans le caractere le moindre trait qui puisse lui assurer notre sympathie. Il ressemble plutôt à une machine bien réglée qu'à un être humain. Si les opinions de Werther à l'égard de son ami Albert changent vers la fin du roman, le lecteur voit facilement que ce sont ses préjugés, sa passion aveugle qui produisent ce résultat. Laversion d'Ortis pour le flancé de Teresa n'est que trop bien fondée.

Nous abordons la comparaison des deux principaux personnages, Werther et Ortis. Quelques critiques allemands croient que le roman de l'auteur italien a la méême valeur littéraire dque celui de Goethe. Cette opinion n'est pas la nôotre. Dans Werther nous avons l'unité parfaite d'un chef-d'œuvre. L'idée principale repose toute entiere sur la déscription d'une maladie morale dont l'amour explique la catastropne. Avec quel art sublime Goethe a su mettre à nu les souffrances de cette ame maladive! Dans tout le livre jusqu'à la derniere page il n'a rien d'artificiel, rien de superflu, rien qui ne serve au développement du caractere du héros. Qu'est-ce qui, dans cette œuvre, nous inspire cet intérêt puissant, passionné, ne nous permettant pas de fermer le livre avant de l'avoir parcouru tout entier? La cause en est que chacun de nous, à une certaine époque de sa vie, a éprouvé quelques-uns des senti-