Aufsatz 
Etude sur l' accentuation des dérivés / von Karl Daniel
Entstehung
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Cevoir(re-, per-)= cäpere, pleuvõir= plüere, choir, anc. cheoir= cädere, falloir = fällere montrent de nouveau la transition du suffixe ere atone au suffixe ere accentué. Recipere a conservé son accent primitif dans la forme ancienne regçoivre, dont le par- ticipe passé est recét, recétte, régulièrement dérivé du L. recéptus, recépta. Le petit nombre de ces verbes prouve que cette conjugaison était la moins productive; elle est la conjugaison la plus archaique, et ne renferme aujourd'hui que seize verbes simples, dont huit au moins sont défectifs ou surannés en partie,et l'on peut prévoir le moment il ne restera d'entiers que ceux dont l'emploi fréquent ou le rôle important dans le langage doivent prévenir la péremption, ſcf. Chabaneau, La conjugaison française, p. 118]. Tels sont avoir, devoir, vouloir, pouvoir.

Quant à ces deux derniers, vouloir et pouvoir, en provençal voler et poder, il est évident qu'ils ne dérivent pas de velle et posse; ce sont les dérivés réguliers des formes vulgaires vol ére et pot ére, conservées encore en italien, et dans les formes du bas latin poteret(posset), potemus(possumus) potebat(poterat). La forme ancienne pooir re- présente exactement le L. po(t)ére. L'intercalation d'un v euphonique, qui eut lieu après la suppression du t médial, est d'origine moderne(cf. plu-ere= pleu(v)oir); le futur pourrai, qui a rejété ce v, n'est dons pas une irrégularité, mais, au contraire, la formation régulière de pooir poer poir.

B. Dérivés verbaux non accentués.

Les verbes en öre ont subi la loi commune à tous les mots dont le suffixe était atone en latin; ayant l'accent sur Tantépénultième, ils laissent tomber la voyelle atone qui suit la tonique, et, par suite de cette chute, la désinence dre s'éteint en passant en français: voy. legere: lire, defendere: défendre, facere(fare dans Sch. II, p. 416): faire.

Par conséquent de la méme loi, les flexions de cette conjugaison, étant à leur majeure partie privées d'accent, disparurent ou se confondirent pour l'oreille, de sorte qu'elles m'avaient plus la force de fournir des désinences distinctes pour la nouvelle langue.

Fäcites et dicites donnèrent en vieux français faistes et distes, les seules formes régulièrement dérivées du latin qui se sont conservées jusqu'aujourd'hui; dicimus donna dimes, fäcimus faimes, dans l'ancienne langue. II est tout naturel qu'un tel dénuement de flexions accentuées devait répugner au génie de la langue française qui cherche toujours des formes sensibles, des signes bien distincts pour exprimer l'idée.

Gest pourquoi elle abandonna de bonne heure ces formes atones(dimes et faimes disparurent déjà au XIIe s.) et prit les flexions accentuées des conjugaisons vivantes et régulidres, c'est-à-dire de celles en are ou ire.

De la, les formes faussement accentuées: disöns(dicimus), défendöns(deféndimus), liséz(1égitis), vendéz(vénditis), qui sont traitées par les grammairiens comme régulières, mais qui sont en vérité, au point de vue de l'accent latin, complétement contraires aux règles de dérivation, tandis que faites, dites, font et autres sont les formes régu- lières qui respectent l'accent: fàcites, dicites, fäciunt.

D'après les changements que ces verbes ont subis dans leur passage du latin en français on peut distinguer deux grands groupes, savoir:

1° les verbes qui conservent le radical latin, tels que battre[battere= batuere,

cf. Sch. II, 470], défendre(defendere), descendre, tendre, vendre, perdre, répondre, tondre, mordre, etc...