Aufsatz 
Etude sur l' accentuation des dérivés / von Karl Daniel
Entstehung
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Plusieurs, dont linfinitif est en öre ou ére dans le latin classique, supposent égale- ment des formes latines vulgaires en ir e.

Courir, quérir, gémir, frémir, surgir, montrent un déplacement de l'accent si on les compare aux formes littéraires, mais ils sont régulièrement dérivés des formes vulgaires: curire*), quaerire, gemire, etc.; car cürrere, quãerere, gémere, frémere, sürgere ont respecté l'accent latin en devenant français: coürre, quérre, géindre, fréindre, séurdre.

De mème gésir(jacére) repentir**)(poenitére), tenir(tenére), cueillir(colligere), faillir(fällere, cf. falloir de fallére), fuir(fugere), offrir(offerre), souffrir(sufferre), supposent tous des verbes latins correspondants en ire, provenant de la confusion générale de conju- gaisons qui eut lieu dans le latin rustique, l'on trouve en effet fugire,**) cupire, parire au lieu de fugere, cupere, parere, pentire au lieu de poenitére.

Ce qui affirme encore ce fait, c'est la langue italienne, qui a conservé toutes ces for- mes vulgaires, telles que fremire, fugire, fallire, etc....

Mais tous ces dérivés en ir qui correspondent au latin òre ou ére, ne sontæ-ils

as peut-être des formes savantes? Les savants, qui calquaient leurs mots d'après e vocable latin écrit, auraient sans doute fait de agere ager, de regere reger, de ge- mere gemer, comme ils ont tiré imprimer, colliger, affliger, céder, consumer, corriger, ériger, négliger, résister, etc. du latin écrit: imprimere, colligere, etc., etc...

Je pourrais encore présenter d'autres exemples pour prouver ce mélange de conjugai- sons latines en recourant à l'ancien français, et citer, p. e., les doubles formes plair e et. plais ir(pleisir), taire taisir(teisir), luire luisir, nuir e nuisir(noisi r), lois ir loire; mais ce fait est hors de doute, et le latin classique lui-même en offre déjà bien des preuves.

c) Dérivés verbaux en oir.

La désinence infinitive oir est la dérivation régulière du L. ére ſcf. ebam= oit(ait)]; la conjugaison française en oir correspond alors à la conjugaison latine en ére.

Mais elle ne renferme pas tous les verbes latins de ce genre; nous savons que beaucoup d'entre eux avaient déjà changé de conjugaison dans le latin vulgaire, et adopté soit la forme ire ſabolere= abolir, du bas latin abolire, florere= fleurir, du bas latin florire, gaudere= jouir, du bas latin gaudire, v. Sch. I, p. 272] soit la forme en dre ſplacere= plaire(placére), respondöre= répondre(respondére), mordore= mordre, (mordére), tondére, tondsre= tondre, v. Fuchs, p. 236]. C'est ainsi qu'un certain nombre des verbes en dre sont entrés dans la conjugaison en ére: Säpere, pour devenir le français savoir, doit avoir changé d'accent= sapére; recipere, pour donner recevöir, a êôtre, suivant les règles de dérivation, recipére au moment de la naissance du français(cf. recipere= rezoivre). Ardoir et ardre, manoir et maindre témoignent l'existence des doubles formes latines ardére et ärdere, manére et mänere.

Les dérivés en oir qui viennent directement du latin sont les suivants: Devoir debére), mouvoir(movére), avoir(habére), voir, anc. veoir(vi(d)ére), seoir(se(d)ére), paroir d arére), chaloir(calére), conservé dans l'expressionil ne m'en chaut, valoir(valére),

ouloir(dolére), verbe suranné qui n'est plus usité qu'à linfinitif. 3

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*) curire dans Sch. I, p. 409. .**) Sur le préfixe re, dans r epentir, en v. f. pentir, voir Emile Agnel, De l'influence du langage populaire, p. 2 et suiv: rencontrer, r enverser, r éjouir, rogarder ä= encontrer, enverser, esjouir, esgarder en v. f., de même

mercier et remercier. 3 ***) fugire dans Sch. I, 407. offerire: II, 392. pentire: I, 272.