Aufsatz 
Etude sur l' accentuation des dérivés / von Karl Daniel
Entstehung
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4) Il y a encore d'autres verbes savants qui ne rentrent pas dans les catégories pré- cédentes, mais dont on reconnait facilement l'origine, parce qu'ils ne suivent aucune loi phonétique, et ne sont que les copies des verbes latins correspondants: Affecter, affirmer assigner, crisper, déprécier, désigner, dispenser, diviser, infirmer, ingénier, illuminer, incruster, miner, relaxer, rétracter, etc.

Le verbe latin affirmare avait produit, dans le français de formation populaire, affermer(firmus= ferme); on a dit affermer pour affirmer pendant tout le cours de l'ancienne langue, ce n'est que tardivement que la forme savante affirmer a supplanté le dérivé populaire affermer; de mèême, le latin divisare avait donné en français populaire deviser; mais au 16 sièecle, la forme savante diviser a remplacé la forme populaire deviser*). Voyez sur ce phénomène encore assigner, dans l'ancienne langue assener, crisper= créper, désigner= dessiner, ingénier= engeigner(encore dans La Fontaine), illuminer= enluminer, miner= mener, relaxer= relaächer, etc.

4 b) Dérivés verbaux en ir(ire).

La langue française montre dès les plus anciens temps deux classes de verbes en ir; les uns correspondent dans tous leurs temps, et dans toutes leurs formes à la conjugaison latine en ire; les autres ont été formés d'après le modèle des verbes inchoatifs latins, et diffèrent des premiers par l'allongement du radical en iss, provenant du latin isc, esc: vénio devint, en gardant l'accent primitif, viens, floréscCo, a son tour, donna fleuris, veniébam devint venait, florescébam= fleurissais, etc.

Ce sont les verbes inchoatifs que le français, à cause de leurs flexions accentuées, a pris comme type de la deuxième conjugaison, en abandonnant les autres à la forme non inchoative quil classait parmi les verbes dits irréguliers. Ces derniers, prenant en considé- ration les règles de dérivation, ne sont point irréguliers; au contraire, ils sont, dans toutes leurs formes, fidèles à l'accent latin, tandis que les autres montrent plusieurs irrégularités. Pour n'en citer qu'une: florisco a bien donné, suivant la loi d'accentuation: fleuris, mais l'infinitif floriscere ou floréscere pouvait-il donner fleurir? Florescere serait devenu fleuroistre, fleuroitre ou bien fleuraitre, par suite de la transformation régulière de escere en oistre oitre aitre, comme crescere et parescere ont donné croistre croitre, paraistre paraitre.

Il faut donc admettre pour ces dérivés des formes primitives en ire: florire pour florére, etc... Du reste, ce n'est qu'un très-petit nombre de ces verbes qui est entré direc- tement du latin dans le français; la plupart d'entre eux ont été formés par la langue française elle-même; et d'autres, qui n'ont aujourd'hui que des formes inchoatives, n'avaient au début de la langue que des formes simples: Ils gémissent(gemescunt) fut dans Pancien

français gèment(gemunt), ils emplissent(implescunt) fut emplent(implunt), gémis- sant(gemescentem) fut gemant(gementem).

Les verbes en ir qui correspondent, dans toutes leurs formes, aux verbes latins en ire sont les suivants:

Bouillir(bullire), couvrir(cooperire), dormir(dormire), mentir(mentire), mourir (morire), ouvrir, en v. f. ovrir et avrir(apſe)rire), partir(partire), sentir(sentire), servir(servire), ouir(au(d)hire), sortir(sortire), saillir(salire), venir(venire), vétir(vestire).

*) Cf. Emile Agnel, De T'influence du langage populaire sur la forme de certains mots de la langue française. Paris 1870. p. 74 et suiv.

) mentire, partire, morire voyez dans Diez, Gr. II, p. 128 et 136.