Aufsatz 
Etude sur l' accentuation des dérivés / von Karl Daniel
Entstehung
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V

II.

Accentuation des déerivés verbaux.

Ce fut surtout dans le domaine des dérivés verbaux que la force de l'accent tonique se déploya avec puissance et originalité. Tantôt la persistance de J'accent latin a sauve- gardé certaines formes, tantét son déplacement en a créé de nouvelles ou régularisé celles qui parurent anormales. De plus, les conjugaisons latines se sont môlées les unes avec les autres, de sorte que la conjugaison française est essentiellement différente de la conjugaison latine, et qu'elle représente, pour ainsi dire, un édifice nouveau. Cependant ce phéno- mène n'a rien d'extraordinaire pour celui qui sait que le français n'est que le produit du lent développement de la langue vulgaire romaine, une grande partie de ces altérations et transformations eurent déjà lieu. A l'aide des règles d'accentuation, nous pourrons sůrement distinguer parmi les formes des verbes français celles qui ont été le résultat naturel de l'action des lois de formation de celles qui ont é6té l'oeuvre de la force réparatrice, le fait de l'analogie. Le latin vulgaire montre déjà assez souvent un déplacement de l'accent primitif et bien des formes qui diffèérent beaucoup de celles de la langue classique.

Dans la suite du temps, il prend des modifications, des teintes dialectales plus ou moins fortes, et finit par mélanger entièrement non seulement les formes, mais aussi la quantité, la vocalisation et les terminaisons des verbes.

Gest ainsi que lancien français ne rapporte déjà plus le môme verbe à la mèeme con- jugaison, et Gest pourquoi nous voyons dans le français moderne tant de verbes qui ne respectent plus P'accent des verbes latins correspondants.

Le signe caractéristique de la nouvelle conjugaison est la tendance dunification, la tentative marquée à exprimer toujours un même rapport par un môme suffixe, par une meme flexion. De vient, par exemple, que l'on employa les désinences ons et ez, dérivées du latin amus et atis, pour les deux premières personnes du pluriel du présent de l'in- dicatif de toutes les conjugaisons latines, et les finales ions et iez, dérivées du latin emus et etis, pour les méèmes personnes du subjonctif présent.

Aqu point de vue de notre étude, nous divisons les dérivés verbaux en deux classes: 1⁰, ceux qui ont l'accent tonique sur la désinence, et 2°, ceux qui le portent sur le radical. Les verbes en er(äre) et ir(ire) forment la première partie, ceux en re(ere) la seconde. Je ne parle pas des verbes en oir(ére), car ils étaient au moment naissait la langue française trop peu nombreux pour qu'ils eussent pu exercer la moindre influence sur la formation de la nouvelle conjugaison; du reste, la plupart de ces verbes furent déjà ramenés par le latin vulgaire à la conjugaison en ire).

Gest pour cela que Camille Chabaneau, dans son traité sur Thistoire et la théorie de la conjugaison française(Paris, Franck 1868), range le petit nombre de verbes en oir avec ceux en re, et qu'il classe tous les verbes en deux groupes, c'est--dire, en verbes vivants et en verbes archaiques. II appelle verbes vivants ceux qui, par la force de

*) D'après le calcul du dictionnaire de lAcadémie, édition de 1835, les verbes français sont au nombre de 4060, savoir: 3620 en er, 350 en ir, 30 en oir, 60 en re.