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Latin: Dérivés populaires: Dérivés savants: gländ(u)la glandre(vieux) glandüle mäãc(u)la maille macüle mõd(u)lus moule modäle parãb(o)la paröle paraböle rõt(u)lus rôle(en prov. rotle) rotüle scänd(a)lum escländre scandäle spät(u)la épaule spatüle spin(u)la épingle spinũle Römulus Romble(vieux) Romulüs.
Le suffixe composé iolus(éolus) devient en français eul, euil, ol, par suite d'une diphthongaison qui eut lieu vers le septième siècle, et qui fit des deux voyelles brèves io (eo) une seule syllabe longue io; dès lors, on accentuait filiölus, aviölus, gladiölus, tililus, capriõlus capreölus, lusciniélus,*) variöla qui devinrent en français filleul, aieul, glateul, tilleul, chevreul, rossignol, vérole(anc. vairole). Cf. Gaston Paris, Sur le rôle de Taccent latin, p. 37.
Il nous reste encore les quatre suffixes composés äc-ulus, éc-ulus, ic-ulus, et üc-ulus, à l'aide desquels le latin populaire a formé de nombreux dérivés, tels que apicula de apis, cornicula de corniv, genuculum de genu. Ce sont les dérivés qui supplantèrent leurs primitifs et passèrent en roman, tandis que ces derniers disparurent, mayant pas assez de corps pour créer des mots nouveaux.
Gest par la même cause que le français adopta sperantia, diurnus, hibernum, agnellus, auriculus, etc., et abandonna spes, dies, hiems, agnus, auris, tout en conser- vant la plénitude du sens des mots primitifs.
Ac- ulum ſaclum] devint ail, acula ſacla] devint aille dans: gubernaculum: gouver- nail, macula maille, suspiraculum soupirail, tenacula(tenaculum): tenaille.
Eculus devint il dans vulpeculus: goupil(v. f.), qui est resté encore dans le dimi- nutif goupillon.
Iculum donna eil, comme icula devint eille: Artic(u)lus, arteil(en v. fr.): orteil, periculum: péril, clavi(cu)la donna cheville, et comme forme savante: clavicüle; canic(u)la donna en vieux français chenille, mais w'est entré en français moderne que comme forme savante canicule; auricula: oreille, apicula: abeille, corbicula: corbeille, cornicula: corneille, lenticula: lentille, formicula: fourmille, vermiculus: vermeil, etc.
Article de artic(u)lum, quoiqu'il conserve l'accent latin et supprime la voyelle atone, vient pourtant des savants 1) parce que le suffixe ioulum devient toujours eil, il en francais, et 2) parce qu'il conserve la consonne médiane c que tous les dérivés populaires suppriment. Les dérivés savants représentent le calque fidèle des mots latins correspondants: fascicule, pédicule, réticule, auricule, clavicule, cuticule, particule, pellicule, molécule, etc.
Uc(u)lum, üc(u)la devinrent ouil et ouille:
Foenuculum(forme secondaire de foeniculum): fenouil, ranunc(u)la ranucula(dér. de rana): grenouille, dans Pancien français renouille; colucula(de colus) ou conucula: quenouille, acucula pour acicula: aiguille, panuculum: panouil, genuculum**)(pour geniculum dans la Loi Salique): genouil en v. f, et genou dans la langue moderne; peduculus, forme secondaire de pediculus fut à Torigine péouil, en v. f. pouil, qui ensuite sest réduit à pou, comme genouil et verrouil l[veruculum] se sont réduits à genou et à verrou. Les anciennes formes genouil et verrouil sont encore restées dans les
verbes verrouiller, et agenouiller.—
*) le changement de l en ꝛz dans rossignol(lusciniola) était déjh fait dans les textes du bas latin qui
offrent ordinairement les formes rusciniola et rosciniola. **) Genuculum et geniculum, idem quod Genu, unde nostrum genouil. Du Cange.


