Aufsatz 
Etude sur l' accentuation des dérivés / von Karl Daniel
Entstehung
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rivage de ripaticum, village de villaticum, visage de visaticum, ménage de mansionaticum [dépense d'une maison, dans Du Cange.]

Les mots aquatique, fanatique, viatique et tous les autres en at-ique sont d'origine savante; aquaticus et lunaticus donnèrent en vieux français évage et lunage.

4) Le suffixe idus a complétement disparu: Aridus: are[v. f.], calidus: chaud(anc. chald), frigidus: froid, pallidus: pàle, rigidus: roide raide, tepidus: tiède(anc. tieve, en prov. tebe), solidus: sou(anc. solt), sapidus: sade, vieux mot qui est resté dans maussade(anc. malsade= male sapidus).

Les savants ont déplacé l'accent et ont calqué sur äridus aride, sur cúpidus cupide, sur ävidus avide, sur säpidus sapide; de môême solide, intrépide, sordide, tépide, rigide, timide, rapide(rade dans l'ancien français)..

5) Ilis ne laisse que la finale le en français: Ductilis[d. aquae]: douille, inductilis: anc. endouille= andousle(proprement un boyau dans lequel on a introduit de la viande hachée), fragilis: fréle, flebilis[dans le sens de misérable]: faible, anc. floible, gracilis: gréle, humilis: humble, mobilis: meuble, possibilis[déjà dans Quintilien]: possible.

Les savants confondirent ce suffixe atone avec le méème suffixe accentué, et de les mots faussement accentués: Agile, docile, difficile, ductile, facile, fragile, fertile, mobile, stérile, etc.

Débile, habile, nubile, utile étaient en vieux français régulièrement accentués: dieble(débilis), hable(häbilis), nuble(nübilis), utle(ütilis).

Le suffixe composé ab-ilis donne, par la chute de la voyelle atone, able: Affabilis: affable, amicabilis(Code Justinien): amiable, en prov. amigable, amabilis: aimable, culpabilis: coupable, etc.

La finale able est une des plus employées par le français pour la création des dérivés nouveaux, tels que dur-able, mange-able, brül-able, etc.

Le mot merveille, en prov. maravilha, en italien maraviglia, dérive du pluriel latin mirabilia.

6) Inus et itus disparaissent également comme ilis, idus et tous les autres suftfixes atones; la seule trace qui en reste est un e muet: Asinus: àne, anc. asne, carpinus: charme,*) galbinus: jaune, anc. jalne, domina: dame, femina: femme; cucurbita donne, par la suppression du c médial, l'ancienne forme gouourde, aujourd'hui gourde, cubitus: coude, explicitus: exploit, semita: sente, debita: dette, perdita: perte, quaesita: quôte.

Dérivés savants: Origine, machine, placite, coffin(cõphinus), explicite, cucurbite...

7) Le suffixe atone ulus(olus) disparait dans tous les dérivés populaires: Apostolus: anc. apostle, puis apostre, et enfin apôtre, avunculus: oncle, capitulum: chapitre, capulum [= funis a capiendo, dans Isidore]: cable, cartula: chartre, cingulum: sangle, anc. sengle ou cengle, copula: couple, cellula: ciaule(v. f.), ebulum: hièble, modulus: moule, posterula: posterle poterne, regula: règle, spatula[sp. porcina]: épaule, en prov. espatla, tabula: table, ungula: ongle.

La fausse accentuation de ce suffixe a donné lieu à un assez grand nombre de mots savants, tels que capitůle, globüle, modüle, capsüle, cellüle, formüle, et à beaucoup de

formes doubles:

Latin: Dérivés populaires: Dérivés savants: capit(u)lum chapitre capitüle côp(u)la cõuple copũle céll(u)la ciaule(vieux) cellüle cymb(a)lum cymble(vieux) cymbäle fist(u)la fesle(vieux) fistüle

*) charme= enchantement, dérive du L. carmen, ef. Diez W.il dit un charme que il avoit aprins. 3*