Aufsatz 
Etude sur l' accentuation des dérivés / von Karl Daniel
Entstehung
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honorée. C'est vers le commencement du douzième sidcle que le d disparait et que le suffixe atus devient simplement 6; de méême utas fut d'abord ud et devint ensuite, par la chute du d final, u; acutus devient aigud et puis aigu, canutus= chenud et puis chenu, cornutus= cornud: cornu, barbutus= barbud: barbu, crisputus(pour crispatus)= crépu, minutus= menu, cicuta donne, en conservant l'a final: cigué, etc.....

B. Sufflxes atones.

Le principe essentiel de la dérivation française est, je le répète, la persistance des voyelles latines accentuées et la chute des voyelles atones. C'est par suite du même principe que les suffixes accentués en latin persistent, et que les suffixes latins inaccentués, tels que itum, ilis, idus, s'éteignent en passant en français, et qu'ils ne sont alors plus capables de servir à former des dérivés nouveaux. Ce ne fut qu'après la formation spon- tanée du français populaire, lorsqu'on ne connaissait plus les règles de l'accent latin, que les savants formèrent, contrairement aux lois de la dérivation frangaise, des mots tels que basilique, colonie, canonique, compũt, copũle, explicite, fabrique, fragile, mobile, module, orgäne, portique, rigide, rustique, spatüle, tépide, utile, viatique et d'autres qui, venant respec- tivement du L. basilica, colnia, canönicus, cmputus, copula, explicitus, fäbrica, frägilis, möbilis, mõdulus, örganum, pörticus, rigidus, rüsticus, spätula, tépidus, ütilis, viäticum, etc., sont tous faussement accentués.

L'ancien francais populaire, comme nous l'avons déjà vu à plusieurs reprises, respecte partout l'accent primitif, et ne viole jamais les principes fondamentaux de dérivation. Voyons les mêmes mots latins et leurs dérivés tels que le vieux français nous les montre:

Basilica donne basoche, calumnia calenge chalenge, colonia colonge cologne, canonicus chanoine, computaus compte, copula couple, explicitus exploit, fabrica forge, fragilis fréêle, mobilis meuble, organum orgue, porticus porche, rigidus roide, rusticus ruste, spatula 6paule, tepidus tièòde, utilis utle, viaticum voyage.

En examinant maintenant les dérivés aux suffixes atones, je prendrai garde de marquer chaque mot qui a été introduit dans la langue par les savants, car c'est surtout dans le domaine des suffixes atones que les dérivés savants se montrent abondamment.

1) Les suffixes latins eus ſea, eum] et ius ſia, ium] disparaissent en passant en français ou ne laissent que ge, che.

Li du suffixe lus donne 9, J quand il est précédé d'une consonne douce(d, 5, 9), il donne ch quand il est précédé d'une consonne forte(t, p,); dans beaucoup de mots, l'e primitif fut bientot remplacé par 7, et antérieurement aux temps mérovingiens, les inscrip- tions offrent des formes telles que cavia, hordium diusque[de usque], d', par suite de la consonnification de T'i: cavja, hordjum, djusque= cage, orge, jusque. 3

Dérivés populaires: Cereus: cierge, ebrius; ivre, laneus: lange, lineus: linge lun drap linge], rubeus: rouge, propius: proche; campania ſcampanea*)]: campagne, montania: montagne, castanea: chataigne, tinea: teigne, linea: ligne, vinea: vigne, granea: grange, ecclesia: église, nivea: neige, rupea: roche, angustia: angoisse, camisia**): chemise, sepia:

*) campanea pour campestris dans les arpenteurs; campania, comme substantif= plaine, dans Grég. de Tours. **) camisia, mot très-fréquent en bas latin; cf. Duu Cange:Solent militantes habere lineas quas camisias vocant, dans S. Jérôme, et ailleurs:vestimentum lineum quod camisia dicitur.

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