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Les deux suffixes icus et ucus deviennent respectivement 7 et u; leurs formes féminines ica et uca donnent ie et ue.
Amicus: ami, inimicus: ennemi—; dans ica, l'a atone s'adoucit en e et persiste; Mica: mie, pica: pie, urtica: ortie, vessica: vessie—; fourmi, anciennement formi, epi ancien- nement espi supposent les formes formicus, spious ou spicum; car formica ou spica auraient dü devenir fourmie, épie avec e final, antique et pudique, comme tous les autres mots en ique, sont d'origine savante.
On doit bien se garder de confondre le suffxe icus accentué avec le môme suffixe inaccentué; les savants ne comprenant plus la règle de Taccentuation latine ont, par suite d'une confusion générale de ces deux suffxes, déplacé l'accent. dans tous les mots qu'ils ont tirés des mots latins en icus; ils ont accentué canonique, rustique, portique, tandis que le latin accentuait: canönicus, rüsticus, pörticus(cf. le suffixe icus); ucus donne u, dans festucus: fétu, anciennement festu, en prov. festuc, tortucus(de tortus): tortu; uca donne ue, dans charrue de carruca, verrue de verruca, laitue de lactuca, tortue de tortuca, massue de maxuca*)(dér. de massa); caduc de caducus se caractérise par son c final comme un mot savant.
28) Orius donne oir, par l'attraction réciproque des voyelles o et 7, séparées en latin par la consonne T.
Les formes populaires sont très-rares: Dor(mi)torium= dortoir, terri(t)orium= terroir, pressorium= pressoir, et d'autres. Les formes savantes sont beaucoup plus fréquentes: auditoire, directoire, laboratoire, refectoire, terrätoire qui sont toutes terminées par un e muet. Encore beaucoup plus nombreux que les dérivés du latin sont les dérivés d'origine française, tels que crach-oir, mange-oire, ras-oir, parl-oir etc.....
29) Undus devient ond, unus donne un:.
Formes populaires: Ro(t)undus, anciennement roond= rond, je(j)unus: anciennement jeün,= jeun(à jeun), Vir(o)dunum: Verdun;
Formes savantes: Fécond, second, vagabond; de méême opportun, importun etc.
30) Ura devient ure, dans armure(arma(t)ura), carrure(quadra(t)ura), capillatura (dérivé de capillum, dans St. Augustin): chevelure, liure(li(g)atura), clöture, anc. closture, suppose claus(i)tura(dér. de clausus), peinture(pictura), mesure(mensura**), jointure (unctura), roture(ruptura).
Formes savantes: Armature, culture, nature, figure, ligature, quadrature, miniature,
rupture, structure, sculpture, torture, température etc.....
31) Urnus devient our
Alburnum: aubour, diurnus djurnus jornus jorn(v. f.): jour, furnus: forn, for, four.
Formes d'origine savante: Diurne, nocturne, taciturne....
32) Utus donne u, comme atus a donné 6.
La réduction du suffixe utus en u, ou plutôt la chute de la dentale latine k n'a point eu lieu directement du latin passant dans le français; le t s'est d'abord adouci en d, adoucissement qui est très-commun dans le latin vulgaire ſef. limides, sidus, terridorium, mercadum, etc.]; ce dͤ a persisté en français, jusqu'à la fin du XIe siècle:„spatha spada= espede: épée, natum nadum= ned: né, honorata honorada= honorede:
*)„Quidam enormis staturae ferens ingentem maxucam super caput ejus...,“ d'apres Du Cange dans un texte du moyen àge. 1
**) La réduction de ns en s s'opérait déjà en latin vulgaire: on disait cesor, mesis, mesa, Viennesis pour censor, mensis, mensa, Viennensis(dans Varron, Festus); le français continue cette réduction et dit maison (mansionem) époux(sponsus), Me(insula), mois(mensis), poids; anciennement pois sans d, qui a été faussement intercalé au 16e s., en provençal, pens pes, du L.(bensum), prison(prensionem, contracté de prehensionem), etc. Cf. Mätzner, F. G. pages 51 et 52.
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