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Formes savantes: Caserne ſcaserna], caverne ſcaverna], moderne[modernus, dans Priscien, d'après Diez, Gr. I, 21]— galerne est d'origine celtique, dérivé de gal, cf. Panglais gale; poterne, en vieux français posterne, à l'origine posterle, vient du L. posterula. Le changement des liquides 7 et n, dans posterle poterne, a encore eu lieu dans marne= marle en v. f., quenouille= colucula en latin, Palerme= Panerma, Panormus etc...
18) Du suffixe etum, ce n'est que l'e tonique qui passe dans le français, la syllabe tum qui est atone s'éteint; e long accentué devient régulièrement 0i fflebilis= floible ou foible] qui a été changé plus tard en ai[foible= faible, roide= raide].
Dans eta, a final a été conservé comme e muet, mais cette distinction assez délicate de etum= 0 et eta= die ne tarda point à s'obscurcir, et les deux formes se confon- dirent; du reste etum était déjà eda en provencal.
Alnetum[alnus= aune] donna, suivant la loi d'accentuation, dans l'ancienne langue aunoi, et ne devint que plus tard aunaie; carpinetum ſcarpinus= charme, en patois charne]: charmoie, cannetum: cannaie, olivetum: olivate(vieux mot), ulmetum[ulmus= orme, en prov. olm]: ormaie..
Casnetum*) pour quercetum ſcasnus pour quercinus] donne chenaie, comme casnus a donné caisne quesne chesne chene.
Salicetum pour salictum[dans Du Cange= campos, prata, salicias]: s auss aie. Quant à saule, il vient de l'ancien haut allemand sala, forme contractée de salaha; cf. Diez, Wörterbuch.
Tous ces mots en aie désignent un lieu, un terrain planté d'arbres, ainsi aunaie est un lieu planté d'aunes; olivaie signifiait dans Tancienne langue un terrain planté d'olives, etc.... Le méme suffixe aie(ay) se trouve aussi dans quelques noms de lieux, tels que Aulnay ou Aunay, Châtenay(Castanetum), Fontenay(Fontanetum), Rouvray(Robo- retum), Saussaie, etc.
La finale edus est devenu dans palefroi, qui est en provençal palafrei, et vient du bas latin parafre dus, forme contractée de paravere dus;**) la finale edem a donné 7 dans merci, dérivé du L. mercedem; mercidem et dicem= merci et dix voy. dans Sch. I, p. 376.
19) Ilis donne il. Ce suffixe accentué a été conservé dans très-peu de mots popu- laires: Canile a donné chenil, lieu où l'on renferme les chiens, foenile a donné fenil, lieu où l'on serre le foin, supercilium est devenu sourcil, et subtilis soutil dans le vieux français. Les autres mots en il sont presque tous de formation savante qui, quoiqu'ils respectent Paccent latin, n'ont subi aucune altération phonétique. Sur subtilis dont Tancienne langue, comme nous venons de voir, eut déjà régulièrement dérivé soutil, les savants ont refait subtil, ainsi sur civilis ils ont calqué civil, sur gentilis gentil, etc....
La brève atone qui précède immédiatement la syllabe tonique disparait toujours en français: Ant(e)cessor ancêtre, cer(e)bella cervelle, er(e)mita ermite; bon(i)tatem bonté, sandi)tatem santé septi)mana semaine etc.; c'est une règle toujours respectée dans les formations spontanées et naturelles; mais les savants qui ignoraient cette loi ont non seule- ment conservé l'e atone, mais ont mis encore un accent aigu sur l'e; de là, puéril de
zudrilis.. 1 20) Ignus et inus donnent tous les deux in, ina donne ine. Bénignus: bénin. La voyelle atone persiste toujours en français quand elle occupe la
*) Casnetum est quercetum, in Charta Philippi Augusti, an. 1185. apud Morinum in Historia Vastinensi, p. 706. „Ab illa aqua usque ad terram— nemus quod Morini dicitur Casnetum. Galli dicebant Quesnoye. Du Cange.
**) Voyez Du Gange au mot paravredum: Capit. Caroli M. II, 16:„aut constitutam a nobis pecuniam non tribuunt, aut paravreda dare nolunt“..„ et„paravreda dare recusant,...“ Parafredus: Lex Bajuvar. I, 14:„Parafredos donent, aut ipsi vadant.“ Palafredus Palefredus= equus gradarius, nostris Palefroi, cheval de service.


