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Lorsque ti(ci) est suivi d'une voyelle(tius, tia etc) le c se transforme ordinairement en s doux, ou ss ou ç et 1? disparait: malitia= malice, nuntius= nonce, suspicionem= soupçon, denuntiare= denoncer, cantionem= chanson.
Formes populaires: Confi(d)entia: confiance, ca(d)entia: chance, continentia: contenance, cre(d)entia: créance et croyance, deca(d)entia: déchéance, praesentia: présence, infantia: enfance, sedd)entia: séance, sperantia: espérance,*) provi(d)entia: pourvoyance, praesi(d)entia: préséance. 2
Formes savantes: Confidence de confidentia, crédence de credentia, décadence de decadentia, providence de providentia, continence de continentia; ainsi constance, audience, innocence, prudence, science, sentence etc., etc.
6) Anus devient par la diphthongaison de l'a devant m ou n(voyez le suffixe amen) ain en français; de même donne ana= aine, manus: main, granum: grain, planus: plain, sanus: sain,(sain= graisse, en provençal sagin, en vieux fr. s ain vient du l. sagina.), albanus: aubain, certanus: certain, castellanus: chatelain, scribanus: écrivain, mane:(de) main, lon(g)itanus: lointain, vanus: vain, humanus: humain, pullanus: poulain, superanus: souverain, en v. f. soverain;— fontana(pour fons): fontaine, lana: laine, rana: raine(v. f.), septimana: semaine ſanciennement sepmaine, en prov. setmana]j. Capitaine, anciennement chevetaine, en prov. capitani vient du baslatin cap(i) tanus(dér. de caput) et est d'origine savante; il est venu vers le quatorzième siècle. La méme finale devient ordinairement ien, yen ou seulement en, 1° après une voyelle(i ou y): christianus chrétien, antäanus ancien; 2⁰ quand la consonne médiane qui la précède tombe, comme par exemple dans paien(en prov. pagan) de pa(g)anus, doyen de de(c)anus, citoyen (en prov. ciptadan) de cita(d)anus, forme contractée de civitadanus, dér. de civi- tatem, moyen de meſd)ianus etc.
Formes savantes: Plan(planus), courtisan du bas latin curtisanus(depuis le 16° s.), vétéran de veteranus, artisan(venu au 16° s. de l'italien artigiano) médian, roman, etc.
Le suffixe enus donne ein in et ena= ine: plenus: plein, pull(i)cenus, en vieux français polcin poucin: poussin, frenum: frein, venenum: venin, serenus: serein;— avena: avoine, ca(t)ena: chaine, anc. chaine, vena: veine etc.
Arène du lat. arena, cardène du lat. carena, galène du lat. galena, patène du lat. patena, scene du lat. scena sont d'origine savante.
7) Aris, arius devient ier ou seulement er en français par le changement régulier de la devant x en e ou ie..
Formes spontanées: Agrarium: agrier, aquarium: évier(cf. aqua= dve, forme archaique de eau), apothecarium: boutiquier(cf. apotheca: boutique), censitarium: censier, centenarium: centenier, denarius: denier, calendarium: calendvrier, en vieux français calendier,*r) domniarium= danger,***) fumarium: fumier, en v. f. femier, fo(c)arium
*) La prosthèse d'e ou d'i devant sc, sm, Sp, st est tres-fréquent dans le latin vulgaire. Voyez sur ce fait Schuchardt, II, p. 337 ff, escola, iscripta, ispe, esperare, espatium, especiem, ispina, istare, esto, istatua, estudium.... Le français poursuivit le même procédé dans des mots tels que esprit, espèce, esclave, escalier, ou dès le 16e siècle avec la suppression de I's: état(statum, estate en anglais); épice(species), échelle(scala), étable (stabulum), étude(studium), étroit(strictus) et d'autres. Comparez aussi les mots anglais espouse(spouse), espy (Spy), estate(state), estranger(stranger), to estrange etc.
**) pour l'intercalation de r, voyez trésor pour tésor(thesaurus), gouffre pour gouffe, de golphum, perdrix au lieu de perdix, de perdicem, rustre à côté de ruste, de rusticus.
**) danger avait anciennement le sens de puissance, de pouvoir, et„éêtre en danger de l'ennemi“ signifiait„étre en pouvoir de l'ennemi, être à la merci de l'ennemi; ce sens originaire a persisté jusqu'au milieu du 16 s.(voy. Littré). Pour le changement de o dans domniarium en a dans danger, comparez domina domna:; dame, domesticus= damesche(v. f.), domicellus: damoiseau; du reste ce changement est très-commun dans le latin rustique. Voyez les exemples cités pour ce fait dans Sch., I, p. 177 ff, vacare pour vocare, amnem, amnes et amni pour omnem, omnes, omni, favere p. fovere etc. 1


