Aufsatz 
Etude sur l' accentuation des dérivés / von Karl Daniel
Entstehung
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Mais la persistance de la syllabe tonique ne se fait en français qu'aux dépens de celles qui ne sont pas accentuées, soit qu'elles précèdent, soit qu'elles suivent immédiatement la tonique; la persistance de la voyelle tonique produit la chute des voyelles atones.

De nombreux exemples pris au hasard confirment cette règle.

a) La voyelle atone disparait quand elle suit la tonique: séc(u)lum: siècle, täb(u)la: table, frig(i)dus: froid, cäl(i)dus: chaud, circ(u)lus: cercle, capit(u)lum: chapitre, põp(u)lus: peuple, avünc(u)lus: oncle etc.....

b) La voyelle atone disparait quand elle précède la tonique: bon(i) tätem: bonté, clardi)ſtätem: clarté, civ(i)tätem: cité, com(i)tätus: comté, testci)mönium: témoin, jud(i)cäre: juger, amb(u)läre: ambler, posſi)türa: posture, sing(u)läris, mot très-fréquent pour aper, ainsi nommé parce quil est solitaire (porcus singularis): sanglier....

Exception: La voyelle atone persiste quand elle est dans la première syllabe du mot: humanus: humain, mortalis: mortel etc.

De méme le français perd ou change la consonne placée entre la voyelle tonique et celle qui la précède ou la suit: le d médial disparait dans: bene(d)icere: bénir, ca(d)entia: chance, confi(d)entia: confiance, lau(d)are: louer, me(d)ietatem: moitié, se(d)entia: séance, vi(d)ere: voir, prae(d)a: proie, cau(d)a: queue, gau(d)ia(pour gaudium): joie....

le v médial disparait dans

Arhiolass aieul, pa(v)onem: paon, vi(v)enda: viande, a(v)unculus: oncle, plu(v)ia: uie etc.....

le g médial tombe dans

re(g)ina: reine(reine en v. f.), gi(g)antem: géant, au(g)ustus: aoüt, tri(g)inta: trente, li(g)amen: lien, le(g)alis: loyal, pa(g)anus: paien, exa(g)ium: essai, re(g)em: roi, pla(g)a: plaie. 1 le c médial disparait dans avo(c)atus: avoué, ami(c)us: ami, spi(c)us: épi, pi(c)a: pie, au(c)a: oie, carru(c)a: charrue, verru(c)a: verrue, communi(c)are: communier, deli(c)atus: délié, ne(c)are: noyer, pli(c)are: plier, publi(c)are: publier, se(c)urus: sür, vo(c)alis: voyelle.... le t médial tombe dans ae(t)aticum: âge, ca(t)ena: chaine, quiri(t)are: crier, do(t)are: douer, scu(t)arius: écuyer, impera(t)orem: empereur, naſt)alis: noël etc..

Le procédé d'après lequel le français s'est formé du latin est donc très-simple et très-régulier; on l'observe si généralement qu'on P'appellerait un système sil n'était pas une opération spontanée et inconsciente.(Voyez Littré, Préface de la grammaire de Brachet.)

Cependant un coup d'oeil dans le dictionnaire français nous montre un grand nombre de mots qui ne respectent aucune de ces règles. Mobile de möbilis, rigide de rigidus, compũt de cömputus, copüle de cöpula, examén de exämen, fabrique de fäbrica, portique de pérticus, viatique de viÄäticum et beaucoup d'autres déplacent tous l'accent latin; d'autres mots tels que capital de capitalis, légalité de legalitatem, naviguer de navigare, prédicateur de praedicatorem, régulateur de regulatorem, simuler de simulare gardent tous la voyelle atone et enfin d'autres tels que: avocat de adyvocatus, armature de armatura, augure de augurium, auguste de augustus, confidence de confidentia, délicat de delicatus, légal de legalis, ligation de ligationem, médian de medianus, natal de natalis, présidence de praesidentia, sécurité de securitatem, vocal de vocalis, voter de votare etc. conservent tous la consonne médiane.

Ce fait tout-à-fait particulier à la langue française nous oblige de faire quelques observations sur cette espèce de mots qui violent toute loi de formation.