Aufsatz 
Goethe et la Littérature francais
Entstehung
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doute qu'il existe un autre livre qui contienne autant de vie individuelle et vraie.«(W. v. H. à G. 18 mars 1799.) L'autre roman de Rétif, que Goethe lut avec le meme intéret, est»Monsieur Nicolas«. L'auteur est un précurseur de Balzac, et peut-être que M. Alphonse Daudet, pour ne pas dire M. Zola, ne le renierait pas.

Le poêème de Parnyf, dont Goethe fait la critique dans sa lettre du 31 juillet 1799, est la »Guerre des Dieuæx:»Le poète a tiré de son sujet une quantité de motifs gracieux et spirituels, et la manière dont il les présente est vive et charmante. Mais l'arrangement et la gradation de ces motifs ne sont pas heureux; de le manque d'unité du poême. Enfin, le but meme de l'ouvrage, qui est de ravaler la religion catholique chrétienne, est trop évident, pour que la poésie n'en souffre pas. On dirait ce petit livre commandé exprès par les théophilanthropes«. Cette dernière remarque s'adresse aux écrivains du journal»La Décade« dont l'un, Ginguené, avait, cette meme année, écrit sur le poème de Parny trois articles fort louangeurs. Schiller ayant remercié Goethe de l'envoi d'un roman de chevalerie de Tressan, Goethe lui répond:»J'étais suür que l'ouvrage de Tressan vous plairait; il est très bien fait et amusant; en outre, c'est un excellent modèle de la manière dont il faut traiter ces moeurs du passé, pour les faire agréer aux lecteurs de notre temps.«(21 mars 1801).»Les»Mémoires historiques et politiques du règne de Louis XIVX par Soulavie sont«, écrit Goethe,»un ouvrage captivant par la richesse de ses aperçus, bien qu'on ait parfois lieu de se défier de l'auteur.«(9 mars 1802). II prit le meme intéret aux Mémoires de Marmontel.

Nous avons vu, plus haut, quel intéret Goethe avait voué aux romans de Diderot. Pour faire partager son admiration à Schiller, il lui envoya»La Religieuse«. Schiller en fut satisfait, surtout de la première partie, qu'il déclara très intéressante et traitée avec beaucoup de décence pour un tel sujet«.(23 aout 94). Il désira meme l'avoir pour ses»Heures« dont il préparait alors la premiere livraison, et, dans ce but, il pria Goethe de bien vouloir demander au prince Auguste de Gotha la permission de traduire le roman du»Journal écrit«. Mais Goethe lui répondit(le 15 déc. 95) qu'il n'osait faire cette démarche, de peur que le prince ne lui reprochat l'emploi fait, dans ses Entretiens«, de l'aventure arrivée à mademoiselle Clairon, ajoutant qu'il ferait mieux de s'adresser àa Herder pour cette négociation. Celle-ci n'aboutit pas, ou Schiller abandonna son idée, car»La Religieuse« ne parut pas dans les»Heures«. Lorsque, en 1796, douze ans après la mort de l'auteur, parut chez Buisson, à Paris, l'»Essai sur la peinture« et le»Salon de 1765 de Diderot, les deux amis s'en occuperent. Goethe les lut d'abord, et puis les passa à Schiller:»L'ouvrage de Diderot sur la peinture vous intéressera, sans doute.«(10 déc. 96.)»Presque chaque mot«, répond Schiller,»est un trait de lumièere qui éclaire les mysteres de l'art«(12 déc. 96). Et Goethe reprend: »C'est, en effet, un livre exquis; il s'adresse plus encore au poète qu'au peintre, bien qu'il éclaire celuirci aussi de son puissant flambeau«(17 déc. 96). L'année suivante, Schiller a relu ce meme ouvrage; mais, cette fois, les deux poèêtes tombent d'accord pour blamer Diderot de ne pas avoir compris que l'art a son propre but, qui n'est subordonné à nul autre, pas meme à la moralité:»Diderot a encore beaucoup trop d'intentions morales, étrangères à l'art«, écrit Schiller. Un peu avant déja, Goethe avait dit à Meyer sur ce meme sujet:»Les deux écrits(l'» Essai« et le»Salon«) sont dignes de ce sophiste de génie; des paradoxes, des affirmations erronées ou plates y alternent avec les idées les plus lumineuses; des apergçus profonds sur la nature de l'art, sur la vocation et la dignité de l'artiste se melent à des exigences triviales et sentimentales, au point qu'on en perd la tete... Ce serait un travail amusant pour celui qui en aurait le courage, de traduire cet opuscule, en accompa- gnant sa traduction d'un commentaire explicatif et correctif.«(8 aout 96). Le travail que Goethe suggeère ici, il l'a entrepris lui-meme, en traduisant les deux premiers chapitres de l'» Essai sur la