Aufsatz 
Goethe et la Littérature francais
Entstehung
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ne lui montrant que les excès commis, lui cacherent la nécessité morale et la grandeur historique de pévénement. Lui-meme l'a reconnu plus tard, lorsqu'il dit à Eckermann:»Je ne pouvais etre l'ami de la Révolution française, car ses horreurs me touchaient de trop près, me révoltaient chaque jour et à toute heure, tandis qu'on n'en pouvait encore prévoir les suites bienfaisantes«(4 janvier 1824); et, en écrivant à Zelter, apres la lecture du»Napoléon« de Walter Scott:»Maintenant je comprends clairement et dans son ensemble cette longue période depuis 1789, ou, après mon retour d'Italie, le cauchemar révo- lutionnaire commença à peser sur moi; je commence meme à m'intéresser aux détails de cette époque, parce que je les vois dans un certain ordre.«(20 février 1828.)

Les premières impressions de Goethe, à P'époqiue meme des événements, se retrouvent dans plusieurs de ses ouvrages, et il est facile de voir que, en exprimant ses idées en artiste, il se croit chargé d'une mission à remplir, à sa manièere, aupres du public qui le lira. Ces ouvrages sont principalement la comédie du»Général citosen«, le drame des»Révoltés«, le recueil de nouvelles intitulé:»Entretiens d'émigrés allemands« et le drame de»La Füle naturelle«.»Le Grand Cophte« qui, pour le temps de sa composition, précède tous ces ouvrages, bien que rappelant un événement précurseur de la révolution, est pourtant si peu historique dans la manieère dont les faits sont rapportés, qu'on ne saurait raisonnablement le ranger parmi les pièces issues des préocenpations politiques de Goethe.»Le Général citoyen« est appelé par l'auteur»une contrefaçon de l'esprit du temps(eine Nachbildung des Zeitsinns), destinée à servir de consolation«. On y voit le prosélytisme révolutionnaire à l'œuyvre, et les idées de Goethe se retrouvent dans la bouche du gentilhomme de la pièce, lorsqulil dit aux paysans:»Pour vous, il convient que vous restiez attachés à vos mœurs. Observez le temps, pour savoir quand le moment sera venu de semer et de moissonner. Laissez les pays étrangers prendre soin de ce qui les regarde, et considérez tout au plus le ciel politique une fois par semaine, le dimanche.... Profitons de la paix dont nous jouissons, pour acquérir un pain légitime, ce sera la meilleure manière de servir la patrie. Dans un pays chacun peut avoir recours au prince, les qifférentes classes de la société se rendent justice entre elles, ou chacun peut faire ce qu'il veut, oùð les connaissances utiles sont généralement répandues, dans un tel pays, il n'y aura pas de factions. Ce qui se passe dans le monde y éveillera Pattention, mais les idées révolutionnaires n'y auront aucune prise«.(Scêene 14me.)

La pièce des»Révoltés« déroule un tableau plus vaste de la situation: Un village est on révolte contre son seigneur, réclamant des libertés promises et les droits de l'homme. En viendra- t-on à des actes de violence? Grace à la bonté et au libéralisme bien entendu de la comtesse, les esprits se calment et, des deux parts, on finit par faire les concessions nécessaires à la paix. Iei encore, on entend Goethe dire par la bouche de la comtesse:»Pour moi, j'écouterai mon cœur m'inspirant l'équité et ma raison qui veut que je distingue entre mon véritable intéret et des avantages imaginaires. J'aurai de la générosité, comme il convient aux puissants; je me garderai de persister dans des exigences pour lesquelles je ne puis faire valoir qu'une apparence de droit«. (Acte II, sc. 2.) Et le Conseiller de la pièce d'applaudir à ces beaux sentiments:»Vous étiez l'élève des grands hommes qui nous ont rendus libres par leurs écrits; maintenant vous l'etes des grands événements qui vous ont appris ce qu'un citoyen bien pensant doit désirer et ce qu'il doit abhorrer«. Puis, le Conseiller, en s'identifiant encore plus avec Goethe, ajoute:»C'est précisément parce que je suis bourgeois, et que je sais apprécier le rôle de la noblesse, que je suis impitoyable à l'erreur et aux petitesses révolutionnaires«.(Acte III, sc. 1.) Quel dommage que Goethe ait laissé cette pièce inachevée! On aurait aimé à lire la grande scène ou, d'après le plan qui nous reste, devait s'engager une discussion, dans laquelle chaque parti politique aurait, à son tour, pris la