Aufsatz 
Goethe et la Littérature francais
Entstehung
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manière qu'on a de la peine à'se figurer maintenant«. Dans une lettre à Merck:»Il circule un manus- crit de Diderot,»Jacques le fataliste et son maitrec, qui est excellent, repas exquis, préparé avec beaucoup d'esprit pour la bouche d'une seule idole. Je me suis assis à la place de ce Baal, et, en six heures, j'ai avalé tous les mets et entremets de ce cuisinier artiste. D'autres ont lu P'ouvrage après moi; mais il se sont partagé le repas, ont taté deçà et delà, et ont emporté chacun leur mets favori«.(avril, 1780.) De cette»assimilation« de l'ouvrage français à une reproduction, plus ou moins consciente, il my a pas loin. Aussi découvrons-nous, dans les romans et nouvelles de Goethe, plus d'un rapport avec les idées, et surtout la manière d'écrire, de Diderot. Chez les deux, il y a souvent absence de plan, des digressions trop nombreuses et trop longues; mais aussi un art de peindre et un talent d'indivi- qualisation surprenants. C'est»Wilhelm Meister«, que Goethe écrivait lorsqu'il se nourrissait des romans de Diderot, qui participe le plus de ces qualités et de ces defauts.»Jacques le fataliste« ne fut imprimèé, en français, qu'en 1796; mais une traduction allemande par Mylius(Jacob und sein Herr), imprimée à Berlin, circula dès 1792.

Bien qu'on ne puisse pas admettre que Goethe ait lu tous les numéros du»Journal écrit«, qu'il ne reçut vraisemblablement que très irréguliérement, il est pourtant certain qu'il s'y renseigna sur des sujets qui l'intéressaient particulièrement. Or, en comparant les incidents de la vie parisienne qui ont fixé l'attention de Goethe, depuis 1776 jusqu'aux approches de la Révolution, avec le contenu de la»Correspondance«, telle que je l'ai sous les yeux, je trouve les articles suivants qui Ss'y rapportent et que Goethe, pour cette raison, peut avoir lus: En mars 1776, sur la traduction des œuvres de Shakespeare par Le Tourneur; en avril de la mème année, sur les œuvres de Tressan; en juillet, sur la»Bibliothèque universelle des romans«; en 1779, sur la publication des»Epoques de la Nature« de Buffon; en 1780, sur Messmer à Paris; en 1781, sur le»Compte-renduç« de Necker; en juillet de la meme année, sur l'arrivée de Cagliostro à Paris; en 1782, sur Mercier et sur les deux premiers volumes du»Nouveau Théatre allemand« par Friedel; en janvier 1784, sur la repré- sentation du»Macbeth« de Ducis; en avril de la meme année, sur la première représentation du»Ma- ciage de Figaro« par Beaumarchais. Goethe eut plusieurs fois l'occasion d'etre dans la société de Grimm. On lit dans son journal du S octobre 1777:»L'arrivée du gouverneur me donna un moment d'expansion; celle de Grimm me fit rentrer en moi-meme. Je sentis que je n'avais rien à dire à'homme qui se ren- dait de St.-Pétersbourg à Paris«. Ne faut-il pas regretter qu'un instant d'humeur farouche ait em- peché, alors déja, deux hommes de mérite de se reconnaitre? La seconde fois que Goethe vit Grimm, ce fut à Düsseldorf, en 1792; il y arrivait en compagnie de Mme de Beuil, et en émigré. Il ne semble pas qu'il y ait eu alors aucun rapprochement. Enfin, en aoùt 1801, les deux se rencontrèrent de nouveau, comme hôtes du prince Auguste de Gotha:»Homme du monde accompli, et commensal agréable, M. de Grimm ne pouvait pourtant pas cacher le chagrin qu'il ressentait, de la perte de sa fortune«.(Annales.) Goethe eut aussi une entrevue avec Pabbé Razmal, le prédécesseur de Grimm comme correspondant de la cour de Gotha. C'était en 1781. Ayant lu, l'année précédente, son»Histoire philosophique des Indes«, il lui voua'intéret du à sa célébrité méritée.

Il est curieux de voir Goethe se mettre à écrire de nouveau en français et attester par que la langue»aimée déès son enfance« lui est encore chère. Ce fut au mois d'aoüt 1784 que, étant avec le duc de Weimar en visite à la cour de Brunswick, il eut le caprice, pour s'exercer dans le frangais qu'il devait parler à ses hôtes, d'écrire une série de lettres dans cette langue à son amie Mme de Stein. Elles servent à illustrer ce que nous savons du français que Goethe parlait à Stras- bourg, elles sont en français, sans etre françaises. Voici un extrait qui donnera une idée de ce que je veux dire:»J'ai commencé mon jour de naissance au bal, ou j'ai dansé beaucoup sans le moindre