Aufsatz 
Goethe et la Littérature francais
Entstehung
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à cette puissante influence du debors, et, plus particulièérement, à celle de Voltaire et de J-J. Roussedu. N'est-ce pas l'esprit voltairien qui anime, d'un bout à''autre, le persiflage que Goethe se permet envers Wieland, Basedow. Leuchsenring et tant d'autres? Il a beau nous dire, dans ses Mémoires, qu'il répugnait à la légèreté de Voltaire, il n'en est pas moins vrai que le sarcasme, et, parfois meme, la libre pensée, jouent un assez grand rôle dans ses pièces satiriques; bien que, pour être juste, il faille reconnaitre qu'il y mele, presque partout, des traits de grandeur poétique, qui sont sa part glorieuse d'originalité.

Linfluence de. J. Rousseau sur Goethe fut plus grande que celle de Voltaire, parce qu'elle touchait des fibres plus intimes de son etre. Rousseau était alors tellement à la mode, en Allemagne, que Goethe le voyait dans toutes les mains. A Darmstadt, Caroline Flachsland, la fiancée de Herder, apprenait le français exprès pour lire l'» Emile«; à Ehrenbreitenstein, Mme La Roche s'en inspirait pour ses »Lettres à Rosalie«; à Wetalar, il fit souvent le sujet de la conversation de Goethe avec ses amis Charlotte Buff et Kestner.»Goethe a une haute idée de Rousseau«, écrit ce dernier,»sans pourtant lui vouer un culte aveugle«. En dépit de cette réserve de Kestner, il semble que, à cette époque, l'enthousiasme de Goethe pour Rousseau ait dépassé les bornes d'une appréciation judicieuse. Mme La Roche lui ayant, lors d'une de ses visites à Francfort, preté le» Pygmalion« de Rousseau, peut-etre pour rafraichir en lui le souvenir de la représentation de Strasbourg, Goethe lui écrivit:»Pygmalion est un excellent ouvrage: tant de vérité et de bonté de sentiment! tant de sincérité dans l'expression! Me permettez-vous de le garder encore, pour que je le lise à tous ceux dont j'honore le sentiment? (dle 19 janv. 1773). Or, cet ouvrage de Rousseau est tout le contraire de ce que Goethe en dit, et lui-meme le reconnut plus tard, et se rangea de l'avis de Schiller qui le trouvait»froid, vide d'action et sans naturel«.(Sch. à G., le 24 avril 1798.) La situation offerte, par le drame de Rousseau, d'un artiste épris de son œuvre, jusqu'au délire, se retrouve dans plusieurs ouvrages de Goethe de ce temps, dans»Le Pélerinage de l'Artiste«, dans»l'Apothéose de l'Artiste«(1774) et, d'une facon qui rappelle encore plus directement la scene de Rousseau, dans le fragment intitulé»Prométhée«(oct. 1773). Voici un extrait de ce dernier poème: Prométhée, s'adressant à ses statues répandues dans le bosquet: »Mes enfants! Quel que soit le sentiment qui vous émeuve(il s'approche de la figure d'une jeune

fille), ce sein devrait se soulever pour moi!... Déjaà son œil me parle... Parle-moi aussi, lèvre chérie!... Oh! puissé-je vous donner à toutes le sentiment de ce que vous etek!... Et toi, Pandore, qui recèles tous les dons précieux, tout le bonheur que j'ai jamais gouũté... ma Pandore!«

Ici, de meme que chez Rousseau, la statue prend vie; mais quelle différence dans les motifs de cette création chez l'un et chez l'autre! Dans un autre petit drame»Satyros« Goethe se moque de ceux qui, tout en prechant la nature avec des airs de vertu, comme Rousseau, finissent par trahir leur naturel de faune et leurs appétits grossiers. La scène finale rappelle le» Tartuffe« de Molière.

Mais c'est dans» Werther« que l'influence de Rousseau s'est le plus heureusement combinée avec le talent et les sentiments de l'auteur. Goethe lui-meme a reconnu la parenté de son roman avec la»Nouvelle Héloise« de Rousseau. Un exemplaire preté lui étant revenu avec ces mots au crayon:»Tais-toi, Jean- Jacques, ils ne te comprendront point«, il en fut frappé et déclara que ces mots de l'» Emile« lui avaient toujours paru remarquables.(à Mme La Roche, le 22 déc. 1774.) Des contemporains ont déjaà fait des rapprochements entre l'auteur de Werther et Rousseau: Nous lisons dans une lettre de la Bernoise, Julie Bondeli, l'amie de Wieland:»Lisez la dernière production de Goethe, et dites-moi si Rousseau ne doit pas le croire son descendant... Werther est un St-Preux plus ardent, plus sombre et plus fou«.(à Usteri, janv. 1775.) Mme de Staël, dans son ouvrage»De la Littérature«(1800), fait le meme rapprochement. II a été continué de nos jours: Pierre Leroux, dans l'étude mise en tete de