Aufsatz 
Goethe et la Littérature francais
Entstehung
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parodie de l'» Esther« de Racine, jouée devant un gros public de foire, qui, en dehors des allusions personnelles qu'elle cache, en veut bien certainement à la pièce française elle-meême. Ces ouvrages étaient si hardis de ton et de forme, que Lessing crut devoir les désavouer. Il déclara à Jacobi que Goethe était bien plus loin que Wieland de comprendre Aristote, et que ses idées sur lart dramatique étaient»absurdes et folles«(der klarste Unsinn, wahrhaft tolles Zeug). Nous retrouvons ce meme défi jeté à la littérature frangaise dans les»Recensions« insérées par Goethe dans les»Annonces savantes de Francfork«, en 1772 et 73. Glanons-en quelques traits: A propos de l'ouvrage de Sulzer sur les Beaux-arts, Goethe dit que ce livre serait facile à traduire en français, s'il n'est pas déjà traduit de cette langue, tant il lui parait superficiel, ravalant ainsi, du meme coup, les ouvrages d'esthétique français de Dubos, Brumoy, Batteux, Marmontel et meme Diderot. IIs se sont trompés, dit-il, dans la définition de l'art, en l'appelant une imitation de la belle nature, car la nature, par elle-meme, n'est pas belle. Mais ils se sont encore plus gravement mépris, en donnant à l'art un but moralisant. C'est, probablement, parce que Wieland échappe à ce dernier reproche, que Goethe, dans un autre article de la meme revue, fait l'éloge de sa morale.»3Il y a longtemps que l'auteur d'p Agathon« et de»Musarion« est justifié auprès des bons esprits quant à la moralitéide ses œuvres«. C'est que, à cette époque de sa vie, la morale semblait au jeune Titan une de ces règles qu'il fallait abattre à coups de massue. Son humeur batailleuse cherche partout des prétextes pour s'attaquer au théatre français surtout. A T'occasion d'un récit de voyage, il écrit:»L'Europe fit au voyageur l'effet d'un drame francçais, ou, ce qui revient au meme, d'un théatre de guignol«. A propos du départ de la troupe française de Vienne:»Nous apprenons avec plaisir le départ des comédiens français«. La pièce de Favart,»Le Drapier de Londres«, est racontée de la façon suivante:»Un moment de plus, et lord Falkland et Wilson tombaient dans la Tamise; alors bonne nuit, Fanny, Soubridge, Julie, Henry, Betsy, David et Thonnete drapier!« Pure ironie, comme l'on voit. Du reste, Goethe a, plus tard, porté lui-meme un jugement très impartial sur cette époque de sa jeunesse, lorsqu'il écrivit, en 1819, dans ses Annales: »Je fus pris d'une aversion passionnée pour des théories étroites et erronées; je me récriai contre ladmiration de faux modèles. Tout cela, et ce qui s'en suivit, était profondément et sincèrement senti; mais la manière dont je l'exprimai alors manquait souvent d'impartialité et d'équité«.

Goetz de Berlichingen, dans sa première forme,(1772) et les drames satiriques et mytho- logiques de cette époque,»Prométhée«(1773),»La Foire de Plundersweilern«(1773),»le Père Brey« (1773),»Dieux, Héros et Wieland«(1773),»Satyros«(1774) et les parties de»Faust« composées alors, toutes ces pièces sont, par leur forme, une protestation de fait contre la théorie française du drame. Elles défient non seulement Boileau, mais encore La Motte et Diderot. La fantaisie s'y déploie si librement, qu'elle fait fi de toutes regles, et c'est à peine si l'on aperçoit le fil d'une idée dominante. Mais, pour le fond, elles ne sont pas tout-à-fait si originales, et surtout, pour les idées, elles n'échappent pas à l'influence frangaise. Bayle, Voltaire, Rousseau, Diderot, les Encyclopédistes avaient à tel point su répandre leurs idées et les faire pénétrer dans les esprits, que le monde civilisé d'alors en était saturé, c'était comme une atmosphère intellectuelle qu'on respirait et dont on vivait, sans le savoir. Goethe s'en nourrit, comme les autres, et il le reconnut plus tard, lorsqu'il déclara à Eckermann:»Vous n'avez aucune idée de l'importance que Voltaire et ses grands contemporains avaient du temps de ma jeunesse, et comme ils dominaient tout le monde moral. Ma biographie ne laisse pas suffisamment entrevoir l'influence que ces hommes ont eue sur ma jeunesse et ce qu'il m'a couté d'efforts, pour m'en défendre et me dresser sur mes propres pieds, en faisant sa part à la nature«. (Convers. 3 janv. 1830.) Lors meme que Goethe ne nous ent pas mis sur la voie par cet aveu, il waurait pas été difficile de reconnaitre, dans les ouvrages de sa jeunesse, la part d'idées qui revient