Aufsatz 
Goethe et la Littérature francais
Entstehung
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insipides.»Le Systeme de la Naturex du baron d'Holbach, qui parut la meme année(1770), et qui faisait grand bruit, excita son dégout:»II nous parut si gris, si chimérique, si mort, que nous en avions presque peur, comme d'un fantöme. Et pourtant nous l'avions ouvert avec empressement, dans l'espoir d'apprendre quelque chose sur la nature, notre idôle.«(Mém. III. 11.)

Le journal tenu par Goethe à Strasbourg et publié sous le tgitre d'» Ephémérides«, mentionne quelques ouvrages français dont il fit la lecture à cette époque; ce sont: les Mémoires de De Thou, ceux de Sally, les romans de Rabelais, le Plutarque d'AmYot, les poésies de Clément Marot; nous y trouvons des extraits de Rapin, de Dorat, de Diderot, de Rousseau, de Voltaire, de Bayle, de Chaulieu, et de St-Aulaire. Le fragment d'un plan de pièce dramatique, ayant César pour sujet, montre qu'il voulait, entrer en lice contre Voltaire, en opposant au plan restreint de»La Mort de César« celui d'une action qui devait embrasser la vie entière du héros. Lorsque l'acteur français Aufresne vint à Strasbourg, Goethe et ses amis eurent la satisfaction d'applaudir au théatre la tendance naturaliste qu'ils professaient. Aufresne avait quitté Paris, après avoir taché, en vain, de réformer le goùt du public qui applaudissait à la déclamation ampoulée de Lekain, son rival. Goethe le vit dans les rõles de Cinna et de Mithridate; probablement aussi dans celui de Pygmalion, puisque, dans ses Mémoires, il rattache un jugement de cette pièce au souvenir d'Aufresne. Bien que le»Pygmalion« de Rousseau ne füt représenté à Paris qu'en 1775, nous savons pourtant qu'on le joua à Lyon l'année que Goethe le vit à Strasbourg.

Les rares occasions Goethe pratiquait la conversation française, étaient la leçon de danse, les moments qu'il passait en société du lieutenant Demars et, peut-etre, quelques-unes de ses entrevues avec le professeur Schoepflin qui, bien qu'Allemand, parlait un excellent français et avait un don remarquable de causeur. Eh bien, il ne semble pas, que dans ces entretiens français Goethe ait eu grand succès; car il nous dit, non sans un peu d'amertume, qu'on le reprenait souvent, et qu'on lui reprochait de dénaturer la langue française par des expressions faites à plaisir et que l'usage répudiait. Mais, après tout, que lui importait alors? N'avait-il pas appris que sa täâche était ailleurs? En effet, Goethe n'a plus jamais, des lors, caressé l'idéal d'unb culture française et, qui sait? l'espoir d'une renommée d'écrivain français, semblable à celle du baron Grimm. Sa sympathie pour la langue et la littérature franqaises n'en a pas moins persisté, d'autant plus pure, sans doute, qu'elle était plus désintéressée. 1

Les années qui suivirent le retour de Goethe à Francfort doivent compter parmi les plus productives de l'auteur. Il mit alors dans des œuvres impérissables les idées et les principes acquis à Strasbourg. On n'a qu'àa nommer»Goetz de Berlichingen«,»Werther«,»Faust«,»Clavigo«, pour évoquer aussitôt l'idée des nouveaux modeles adoptés, mais aussi celle de l'originalité trouvée par le poète dans les profondeurs de son àme. Cette originalité, le jeune homme ne la conquit qu'à force de luttes. II se débattit contre la regle qui voulait lui en imposer, et qui s'incarnait pour lui dans le classicisme frangais. C'est avec des accents passionnés qu'il la mandit:»Plus nuisibles encore que les exemples pour le génie, sont les principes! L'école et les principes enchainent à jamais toute puissance et toute connaissance!«(De l'Architecture.)»Labsence de règles ne produit pas le désordre, et, si l'exemple devait en etre dangereux, ne vaut-il pas mieux faire une pièce désordonnée que d'en faire une froide?«(Verschied. üb. Kunst.) Dans»Dieuæ, Héros et Wieland«(1773) Goethe, tout en s'attaquant à Wieland et à son Alceste, parodie indirectement la tragédie française: Quelle timidité dans la manière dont ils abordent l'antiquités! Quelle idée mesquine ils se font des héros

et des dieux! L'attaque est plus directe dans»La Foire de Plundersweilern«(1773). Il y a une Gymnasium 1885. 2