Aufsatz 
Goethe et la Littérature francais
Entstehung
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fit partie et qui était présidée par le secrétaire de la Chambre des Tutèles Salzmann, qu'un discours qu'il écrivit pour elle, peu après son départ de Strasbourg. En voici quelques extraits:»Le théatre grec que les Frangçais ont pris pour modèle était tel par le fond et la forme qu'il eũt été plus facile à un marquis d'imiter Alcibiade, qu'à Corneille d'imiter Sophocle. Petit Francais, tu veux porter larmure d'un Grec? VX penses-tu? Elle est beaucoup trop pesante pour toi. Aussi toutes les tra- gédies françaises ne sont-elles que des parodies d'elles-memes. Chacun sait comme tout y est régulier, comme elles se ressemblent toutes entre elles, et comme elles sont ennuyeuses, surtout au quatrième acte, je n'en dirai done pas davantage. Lorsque j'eus lu Shakespeare, je n'hésitai plus un instant à renoncer au théatre régulier. L'unité de lieu me parut aussi étroite qu'un cachot, celles de l'action et du temps me parurent des chaines insupportables pour l'imagination. Je fis un saut en l''air et sentis, pour la première fois, que j'avais des pieds et des mains. Et maintenant que je vois quel tort m'ont fait ces messieurs de la règle dans leur trou, combien d'àmes libres y croupissent encore, mon coeur serait déchiré, si je ne leur déclarais la guerre, et si je ne cherchais tous les jours à en- foncer leurs portes.«(Der junge Goethe II. p. 30.)

La connaissance que Goethe fit à Strasbourg de Herder acheva de le détacher de ses préventions françaises et de le gagner à la littérature nationale. Comme auteur de quelques ouvrages tres estimés dans le monde littéraire(les»Fragments sur la littérature allemande«(1767) et les»Forets critiques« 1769), Herder avait sur son jeune ami l'ascendant du grand homme. C'est à lui que Goethe dut son appréciation de Shakespeare, d'Ossian, de Goldsmith et, en général, des écrivains anglais. Herder arracha de son esprit toute arrière-pensée d'une culture française à atteindre. »Votre langue maternelle, lui dit-il, est le seul instrument digne de votre muse. Chaque langue ayant son génie particulier, vous devez vous appliquer à compreudre et à sentir celui de l'allemand et lui rester fidéle.« Goethe n'eut rien à répliquer, et ce fut un triomphe complet remporté par ce nouvenu»conquérant«. Toutefois, sans qu'ils s'en rendissent l'un et l'autre bien compte, ils ne quittaient la littérature frangaise par une porte que pour y rentrer par une autre. En effet, Herder, pendant son voyage en France, l'année qui précéda sa venue à Strasbourg, n'avait pas eu de la vie et de la littérature franqaise que des impressions désagréables. S'il avait écrit dans son journal: Le rôle littéraire de la France est fini; on ne demeure plus que sur des ruines«, il y notait aussi, après avoir entendu Diderot sur la réforme du théatre:»Oh! si je pouvais seulement renforcer la voix de Diderot!« Le fait est, qu'il y avait dans la littérature frangaise d'alors un grand mouvement de réforme dont le mot d'ordre était le meme que celui des jeunes poètes strasbourgeois. Diderot que Goethe appelle»le plus allemand des écrivains français«, et Rousseau en étaient les principaux représentants. Goethe ne tarda pas à leur vouer sa sympathie.»Diderot nous tenait de très près; nous aimions ses enfants de la nature(allusion à la nouvelle de Diderot intitulée»Les deux Amis de Bourbonne«. Voir Rosenkranz, Diderot II, p. 302); mais son point de vue était encore trop élevé pour nous.«(Mém.) Dans la critique de la tragédie classique française, Diderot avait précédé Lessing; en traitant d'Homere, il avait reconnu et apprécié la naiveté antique; ses Récits montraient qu'il cherchait le vrai dans les situations et les caractères. Goethe et ses amis lui surent gré de tout cela. Ce qui était encore au-dessus de leur portée chez Diderot, c'était l'universalité encyclopédique de son esprit et de ses connaissances.»Rousseau répondait à nos aspirations, et nous plaignions sa destinée qui l'obligeait à se cacher des hommes.«(Mém.) Bien que Goethe se füt un peu occupé de Rousseau à Leipsic déjà, ce ne fut pourtant que l'interprétation enthousiaste de Herder qui lui ouyvrit Pintelligence complète de cet écrivain original. Du haut de cette exaltation de sentiment le reste de la littérature française lui parut vide et froid: Voltaire était vieilli, les philosophes du jour étaient