14 ELOQUENCE
miliarisent peutsètre avec Pidée de manquer aux engagements nationaux, par la crainte de Pexcès des sacrifices, par terreur de l' impòôti.... Ou⸗ est-Ce donc que la- banqueroute, si ce n' est le plus cruel, le plus unique, le plus désastreux des impôts? Mes amis, écoutez, un mot, un seul mot!
Deux siècles de déprédations et de brigandages ont creusé le gouffrez ou le royaume est près de s'engloutir. II faut le combler, ce Sonffpe effroyable. Eh bien! voici la liste des propriétaires français Choisissez Dasini les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens, mais choisissez! car ne faut-il pas qu' un petit nombre périsse pour sauver la masse du peu- ple? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l'ordre dans vos finances, Ja paix et la prospérité dans le royaume. Frappez, immolez sans pitié ces tristes victimes, précipitez-les dans l' abyme; il va se refermer... Vous reculez d' horreur.... hommes inconséquents! hommes pusillarzirmes ie Eh! ne voyez-vous donc pas qu'en décrétant la banqueroute, ou, ce qui est plus odieux encore, en la rendant insvitable sans la décréter, vous vous souillez d'un acte mille fois plus criminel; car enſin, cet horrible sacrifice ferait du moins disparaitre le déſicit. Mais croyez-vous, parce que vous n'aurez pas payé, que vous ne devrez plus rien? Croyez- vous que les milliers, les millions d'hommes qui perdront en un instant, par' explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la consola- tion de leur vie, et peut-èetre leur unique moyen de la substanter, vous laisseront paisible- ment jouir de votre crime! Contemplateurs stoiduess des maux incalculables que cette ca- tastrophes vomira sur la France; impassibles égoistes, qui pensez que ces convulsions du désespoir et de la misère passeront comme tant d' autres, et d' autant plus rapidement qu' elles sont plus violentes, êtes-vous bien sürs dus tant d'hommes sans pain, vous laisseront tran- quillement savourer: les mots dont vous n' aurez voulu diminuer ni le nombre, ni la délica- tesse? Non, vous périrez; et dans la conflagration universelle que vous ne frémissez pas d' allumer, la perte de votre honneur ne sauvera pas une seule de vos détestables jouissan- ces! Votez donc ce subsides extraordinaire, et puisse-t-il être suffisant! Votez-le, parce que les premiers intéressés au, sacrifice que le gouvernement vous demande, Gest vous-mémes! Votez-le, parge que les circonstançes publiques ne souffrent aucun retard, et dhe vous seriez coupables de tout délai. Gardez-yous de demander du temps, le malheur n'en accorde ja- mais. Eh! Messieurs, à propos d'une ridicule motion du Palais-Royal, d'une risible insur- rection, qui n' eut jamais d'importançe dque dans les imaginations faibles ou les desseins ber- vers de quelques hommes de mauyvaise foi, vous avez entendu naguère ces gris forcenés: Ca- tilina est aux portes de Rome, et l'on délibèérelo Et certes, il n'y avait autour de vous ni Catilina, ni péril, ni factions, ni Rome... Mais aujourd'hui la banqueroute, la hi- deuse banqueroute est là. Elle menace de consumer vous, vos propriétés, votre honneur....
Et vous délibérez!“ C'est du Démosthène tout pur.
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1 Syn.: voir la fable de Florian, que nous allons publier, v. 55.— 2 en latin: gurges. 3 Du grec A νασσς.(Im IHHandbuche Seite 133. Anm. 3.) 4 Da latin pusillus, petit, animus, esprit. 5 G‿ ℛ65(970). Nommez-moi le chef de cette secte philosophe.— La philosophie stoicienne est la plus haute conception de Pes- prit humain, et, dans Ie paganisme, la seule et véritable religion des grandes dmes.(V illemain.) 6. naraoτνιρο‿*. 7 Du latin sapor. 8 Voyez rem. 1 de cette page.— 9 Lioe, parlant de Scipion, nous rapporte à peu près la mèême chose, livr. 22. chap. 53: negat consilii rem esse Scipio iuvenis, fatalis dux huiusce belli. Audendum at- que agendum, non consultandum, ait, in tanto malo esse.


