Aufsatz 
Boileau dans son rapport avec Horace / Bielefeld
Entstehung
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les efforts du génie, n'ont pas peu contribué à porter les littératures de leurs temps à une si haute perfection. C'est une ressemblance frappante qu'il y a, sous ce rapport, entre le temps d'Horace et celui de Boileau. Surtout le dernier m'avait-il pas lieu de se montrer reconnaissant envers un roi qui, aimant à entourer sa cour de tout le lustre que donnent les lettres, prodiguait à pleines mains ses libéralités aux poètes de son temps? Et, qui plus est, la bourgeoisie de la France d'alors, ne voyait-elle pas dans la royauté son secours légitime contre la tyrannie des grands seigneurs de la Fronde? Si donc les éloges que Boileau donne à Louis, paraissent aujourd'hui un peu excessifs, il ne faut pourtant pas penser qu'ils n'ont pas été sincères, d'autant moins qu'on sait bien qu'il a toujours gardé avec le roi méme sa franchise dans la conversation.

Le premier genre dans lequel Boileau s'est proposé Horace pour modéôle, c'est le genre satirique; mais il s'en faut qu'il y ait toujours atteint son idéal. Horace, en attaquant les faiblesses des hommes, s'y prend toujours en profond connaisseur du coeur humain et en habile artiste. Il ne se déchaine pas avec amertume contre les vices de ses contemporains, mais il se borne à railler simplement les travers et les ridicules de la société romaine, des moeurs de laquelle personne ne nous a instruit plus à fond et avec plus d'agrément que lui. Sachant bien qu'il y avait danger à jouer le rôle d'un censeur sage et sévéère, il ne fait jamais rien voir de triste et de morose eêt aime mieux converser avec le lecteur que de le sermonner. La connaissance qu'il a de lui-méme et sa morale indulgente ne lui permettent pas de se mettre au dessus des défauts dont il se moque; en raillant les travers d'autrui, il n'a pas peur d'avouer ne pas en étre exempt lui-méme non plus. Pour échapper au danger de devenir sec et ennuyeux, il a su orner et diversifier ses objets d'une richesse de couleurs étonnante. Aucun moyen qui pùút y servir ne lui a manqué: un style agréable et enjoué, des pein- tures vives et naturelles, des portraits consommés, des caractères exprimés avec vérité et qu'il fait vivre par le moyen le plus agissant dont il ait fait usage, par la forme dramatique, donnent à la lecture de ces ouvrages un charme inexprimable.

Les Satires de Boileau, son premier ouvrage à l'exception de deux, sont, les unes exclusivement littéraires, les autres morales et entremélées d'attaques contre les mauvais poètes contemporains. Les dernières sont sans doute les plus faibles et ne soutiennent aucunement le parallèle avec celles d'Horace, parceque les sujets sur les- quels elles roulent, sont pour la plupart trop peu approfondis, et que le poòëte n'y- ploie pas assez de verve et de bile. Boileau, en composant ces satires, était encore trop jeune pour avoir la connaissance du monde et du coeur humain indispensable à qui- conque veut exceller dans le genre satirique. Ainsi, au lieu de nous dépeindre les moeurs du siècle de Louis XIV, lesquelles, sans doute, auraient fourni une matière très-digne du feu d'un esprit satirique, il nous entretient le plus souvent de bagatelles ou de vérités assez communes, pour ne pas dire banales. Toutefois, il ne manque pas même à ces satires une élégance de langage, une morale saine et pure qui en rendent la lecture attrayante. Ce que Boileau connaissait plus à fond et ce dont il avait regu, dès sa première jeunesse, les plus fortes impressions, c'étaient les ridicules