Aufsatz 
Calvin et Servet : (1509-1511-1553-1564) : esquisse biographique / par J. P. Magnin
Entstehung
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prét à ressaisir sa proie. IIs l'engagent à tenter un coup de main(1563), mais ce coup de main échoue, et Genève reste libre.

Les quelques détails qui précèdent peuvent donner une idée de la prodigieuse activité que devait déployer Calvin. La vie que les hommes et les choses lui avaient faite était si dure, qu'il écrivait alors à son ami Wolff:Mieux me vaudrait être brülé une bonne fois par les papistes due d'être incessamment torturé par ces gens-ci.... Une seule chose me soutient dans ce rude service: c'est que la mort viendra bientôt me donner mon congé. En effet, sa santé qui m'avait jamais été forte, était profondément atteinte: son énergie seule, mais une énergie incomparable le soutenait. C'est ainsi que nous le trouvons au Conseil donnant des avis, dirigeant des trans- actions politiques avec les états voisins, élaborant des projets d'ordonnances pour la ville; que nous le voyons en chaire préchant aux fidéles; que nous le voyons à l'académie, enseignant comme professeur; que nous le retrouvons dans son cabinet, méditant, composant, écrivant ses nombreux ouvrages ouù la profondeur de la pensée, est égale à la majesté du style. Si nous avons con- staté l'universalité des connaissances de Servet et ses étonnantes aptitudes à tous les exercices de l'intelligence, celles de Calvin ne sont pas moins dignes d'admiration. Son talent de juriste est connu de tous; comme théologien il fait autorité. Sa sagacité diplomatique le fait choisir pour régler les affaires du dehors. Ce qui est moins généralement connu, c'est que les magistrats, lesmagnifiques Seigneurs, avaient non-seulement recours à ses lumières dans les grandes occasions, mais encore dans les petits détails de la vie ordinaire. On prétend, par exemple, que le fameux imprimeur Robert Estienne a à ses conseils une partie de sa réputation. Tout in- dustriel exerçant un métier nouveau, devait au préalable, s'il avait l'intention de s'établir à Genève, en faire la demande au Conseil; celui-ci l'envoyait à M. Calvin qui examinait ses produits, le faisait travailler sous ses yeux, puis adressait au Conseil le résultat de ses observations. L'au- torisation ou le refus dépendait du référé de M. Calvin. C'est ainsi qu'un jour se présente un homme prétendant soigner et réparer les dents. C'était du nouveau, on n'en était encore qu'à l'arracheur, le médecin des dents était inconnu. On l'envoie done à M. Calvin. Monsieur Calvin se met entre ses mains: il est satisfait, le recommande, et Genève a son premier dentiste. En 1544, il dota la ville d'une nouvelle industrie, celle des draps et des velours. L'empereur Charles IV avait jadis offert à Genève une université, mais sous la condition expresse que le comte de Savoie en serait le protecteur. Prévoyant de quel danger elle serait menacée si elle acceptait ce pro- tectorat, la ville avait refusé net. Deux cents ans plus tard, Calvin fonda l'académie. Cinq professeurs, lui compris, formaient tout le personnel enseignant: deux pour la théologie, un pour l'hébreu, un pour le grec, et un pour la philosophie. Quant à l'enseignement de la médecine et du droit, il devait y étre pourvu plus tard. Cette humble académie fut ouverte le 5 juin 1559, et est devenue l'université actuelle. Calvin songea aussi qu'il était nécessaire de pourvoir aux premiers besoins intellectuels de la jeunesse: dans ce but il fit agrandir le collège qui dès 1536 avait été établi par Farel. Ce collège n'avait qu'un maitre enseignant; Calvin en demanda sept. Les temps étaient mauvais et les caisses de l'Etat mal garnies. Cependant, a force de démarches, on parvint à réunir une somme suffisante pour commencer les travaux, et le 5 juin 1559 le collège était achevé. Mais la santé de Calvin s'affaiblissait de plus en plus: ses maux s'aggravaient