Aufsatz 
Calvin et Servet : (1509-1511-1553-1564) : esquisse biographique / par J. P. Magnin
Entstehung
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compagner, et tous deux se dirigèrent sur Strasbourg pour de laà, gagner Bäle, Calvin avait l'intention de se retirer. IIs atteignirent cette ville vers la fin de l'année 1534. IIs y furent chaudement accueillis par les principaux membres de l'université et de l'Eglise. Calvin, qui respirait enfin, se remit immédiatement à ses études. Mais la persécution continuait à sévir en France avec une rigueur sans pareille: Calvin crut de son devoir de prendre en main la défense de ses frêres non-seulement atrocement persécutés, mais encore honteusement calomniés. On sait que François Ier à qui les princes luthériens de l'Allemagne avaient reproché la manière dont il traitait ses sujets réformés, avait répondu que ce n'était pas comme tels qu'il les poursuivait, mais bien comme rebelles, factieux et fauteurs de désordres politiques, comme anabaptistes enfin, qu'il les châtiait. Calvin fit alors paraitre son Institution de la Religion Chrestienne œuvre à laquelle il travailla toute sa vie. La préface de ce livre est une épitre dédi- catoire adressée au roi; c'est un chef-d'œuvre de logique et d'éloquence qui est demeuré un monument dans la littérature française. Elle est datée du mois d'aoùt 1535: l'ouvrage ne

parut qu'en 1536. Nous avons vu qu'à la même époque(1535), Servet lançait de Lyon, dans le monde savant, sa premièere édition de Ptolémée. Calvin se rendit ensuite à Ferrare, tou-

jours en compagnie de Du Tillet, auprès de la duchesse Renée qui avait embrassé la réforme et donné asile aux fugitifs de la nouvelle confession. Le séjour de Calvin en Italie fut d'environ six mois. Sur ces entrefaites, François Ler avait publié un édit, dit édit de Lyon, par lequelil pardonnait à tous hérétiques, sacramentaires et relaps, pourvu qu'ils vinssent abjurer dedans six mois. Profitant de cette circonstance, Calvin à qui l'on commençait à faire entendre qu'il agirait prudemment en s'éloignant de Ferrare, ne tarda pas à se diriger avec son ami le chanoine, du côté de la frontière frangçaise. Après mille dangers, les deux fugitifs franchirent les Alpes et se rendirent immédiatement à Noyon oùò Calvin, mettant à profit le répit accordé par le roi, voulait régler définitivement des affaires de famille. Cela fut bientôt fait, puis il reprit, cette fois avec sa scur Marie et son frère Antoine, celui en faveur auquel il avait renoncé à sa chapellenie de la Gésine, la route de l'Allemagne. Bale était le but du voyage. La guerre venait de se rallumer entre François Ier et Charles-Quint: la Lorraine était encombrée de soldats, les routes étaient impraticables, et la petite troupe dut modifier son itinéraire; au lieu donc de passer par l'Allemagne, ils passèrent par la France, et dans les derniers jours du mois d'aoüt ils arrivèrent à Genève(1536).

On sait comment Calvin, qui ne voulait s'arréter dans cette ville que le temps nécessaire pour se remettre de ses fatigues, fut reconnu par Farel, et consentit sur les exhortations pressantes, les menaces méêmes de celui-ci, à entreprendre l'œuvre ardue de l'évangélisation de cette remuante cité. On sait quelles luttes incessantes il eut à soutenir; son exil(1538), son rappel, sa- sistance et enfin son retour presque triomphal(1541). On sait quelle activité surhumaine il déploya pour faire face à ses triples fonctions de prédicateur, de chef de l'église réformée et de législateur. On sait encore qu'il ne jouit pas longtemps d'une sorte de tranquillité relative et que la lutte contre le parti des libertins, ces enfants terribles de Genève, venait de se réveiller plus ardente qu'auparavant. Dans l'été de 1553, sa position était des plus critiques, quand Michel de Villeneuve parut à Genève. Qui l'y amenait? Sa mauvaise étoile.