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de sa discepfatio et renoncer à enseigner l'astrologie judiciaire, mais, par contre, il lui fut permis de continuer à„lire sur l'astrologie entant que touche la coignaissance des Corps célestes pour le regard de la disposition du temps et des autres choses naturelles.“— De plus, il fut enjoint à la Faculté„de le traiter avec douceur et amicalement, comme les peères leurs enfants.“ Enfin, et pour couronner l'œuyre, la partie plaignante fut condamnée aux dépens. Apres cette demi- victoire, Servet comprit bien qu'à la première occasion ses ennemis ne manqueraient pas de prendre leur revanche, et qu'à la fin il devrait succomber. Il quitta donc Paris dans le courant de l'année et revint à Lyon ouü il ne s'arréta que peu de temps. Il se rendit ensuite à Avignon: son séjour en cette ville fut de courte durée: nous le retrouvons bientôt à Lyon qu'il ne tarda pas à quitter encore pour aller s'établir dans une petite ville, Charlieu, à une douzaine de lieues de la. Charlieu était la résidence de la famille Rivoire, une des premières et des plus considérées du pays. Le chef, médecin distingué lui-même, accueillit amicalement Servet dont il appréciait les talents. La famille Rivoire était du reste en relation avec l'archevéque de Vienne, Pierre Paulmier, Vun des admirateurs les plus enthousiastes de Servet. Ce fut dans cette maison que Michel de Villeneuve passa un peu plus de deux ans. II lui arriva une aventure assez fâcheuse, et il fut obligé de partir.¹) Il se rendit de nouveau à Lyon, d'ouð son ancien ami et protecteur, l'archevéque Paulmier, l'appela auprès de lui à Vienne, en qualité de son second médecin. Michel de Villeneuve avait, tout en pratiquant la médecine, repris un instant ses travaux littéraires. II avait publié(1542) une nouvelle édition de son Ptolémée qu'il avait corrigée et vonsidérable- ment augmentée. II dédia cette seconde édition à Pierre Paulmier. II avait aussi réédité la bible latine de Santes Pagini, docteur en théologie. Les commentaires qu'il y ajouta furent cités contre lui par Calvin, lors de son procès, treize ans plus tard.— II corrigea en outre, pour le libraire Jean Frellon de Lyon, une somme espagnole de Saint Thomas et traduisit en espagnol divers traités de grammaire.
Nous touchons maintenant à la partie la plus calme et la plus heureuse de la vie de Servet. Tout lui souriait alors. Son puissant protecteur lui avait assigné un logement dans son palais. Le médecin espagnol s'était vu bientôt recherché par la haute société de la ville et des environs. La position de son hôte le mettait d'ailleurs à l'abri des poursuites qu'on aurait peut-être été tenté d'entreprendre contre lui. Ce fut ainsi qu'honoré de tous à cause de son vaste savoir, aimé de ses intimes en raison de ses qualités personnelles, il était parvenu à un état voisin de la richesse. Mais une idée l'obsédait: s'il eüt eu la force ou la sagesse d'y résister, il aurait sans doute achevé paisiblement sa carrière au milieu de tout ce qui peut donner du charme à la vie. Il ne devait pas en étre ainsi. Laissons un instant Servet jouir d'une existence exempte d'inquiétude, et revenons un peu en arrieère.
Nous avons vu Calvin se disposer s'éloigner pour toujours de sa patrie. Avant son départ, il avait voulu revoir son ami le chanoine Du Tillet. Celui-ci avait pris la résolution de l'ac-
¹) Allant de nuict veoir ung mallade, par lenvie dung aultre medecin de ladicte ville, il fut aggrede de certains qui estoient sez parens et favoriz, la ou il fut blece et en bleca aussy un des aultres, par laquelle chose demora deux ou trois jours aux arrestz.— Interr. de Vienne.


