Aufsatz 
Calvin et Servet : (1509-1511-1553-1564) : esquisse biographique / par J. P. Magnin
Entstehung
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pour professeurs de médecine les premiers savants de l'université, Jean Gunther d'Andernach, Jacques Dubois d'Amiens, Jean Fernel de Clermont en Beauvaisis, eut aussi pour condisciples des hommes qui devaient acquérir une grande célébrité; lui-mèême ne tarda pas à éêtre compté pormi les plus savants. ¹) Le professeur Gunther dont il était devenu le premier aide-préparateur place qu'avait occupée immédiatement avant lui son condisciple André Vésale, le premier anatomiste de son temps, rend hommage à l'habileté de Servet.²) En 1537, il publie un ouvrage de médecine qui eut un grand succès: c'était un traité sur les sirops; il y prend la défense de l'école de Galien et d'Hippocrate contre l'école arabe. Ce livre n'eut pas moins de 5 éditions en 11 ans. Dans ses travaux à l'amphithéaâtre d'anatomie il fit la plus grande décou- verte physiologique des temps modernes: il découvrit la petite circulation du sang qui devait, environ 60 ans plus tard, mettre Harvey sur le chemin de la grande ³) Cette découverte, il ne la publia que longtemps après, dans saRestitution du Christianisme) qui fut son dernier ouvrage.

Sa réputation allait croissant; elle avait excité la jalousie de ses confrères: ils ne le ménageaient pas dans leurs leçons; lui, de son côté, ne demeura pas en reste à leur égard: la querelle s'envenima bientôt et prit de telles proportions que le doyen de la faculté dut enfin s'en méler. II fit de sérieuses représentations à Servet, et lui conseilla de laisser de côté l'astrologie. L'Espagnol ne parait avoir tenu compte ni des avertissements, ni du conseil, et ses confrères continuèrent à le harceler. II leur répondit par un pamphlet mordant dans lequel, non content de leur reprocher leur ignorauce, il les traitait depeste du monde. ⁵5) On résolut alors d'en finir avec lui, et il fut d'abord cité devant le tribunal auquel ressortissaient les causes de religion, car on prétendait que ses principes en matière d'astrologie étaient en opposition avec ce qu'en- seignait l'Eglise. Servet comparut: il se défendit avec tant de talent qu'il fut absous, et néan- moins, la peine du délit dont il était accusé, savoir: d'enseigner l'art de la divination par les astres, était ad ignem, soit le bücher. Mais s'il avait échappé au bras de l'inquisition, il n'était pas encore à l'abri du pouvoir séculier: le parlement s'était saisi de la cause, et un procès en forme lui avait été intenté. Le 18 mars 1538, la cour prononça son arrêt. II ne satisfit com- pléètement ni les accusateurs, ni l'accusé. Servet dut retirer de la circulation tous les exemplaires

¹) Villanovanus excellens Medicus et doctissimus Galeni interpres.(Ant. van der Linden de seriptis Medicis Lib. I. p. 486.)

2) Qua in re auxiliarios habui, primum Andreum Vesalium, juvenem Mehercule! in Anatome diligentissimum; post hunc, Michael Villanovanus familiariter mihi in consertionibus adhibitus est, vir omni genere literarum orna- tissimus, in Galeni doctrina vix ulli secundus.(J. Giunteri Institutionum Anatomicarum lib. IV. 40 Basil. 1539.)

3) H. Tollin: Servet, der Entdecker des Blutumlaufs(Preyer. Phys. viertelj. III. 1876); Die Franzosen und die Entdeckung des Blutkreislaufs(Archiv f. pathol. Anatom. Bd. XCIV. Heft 1); Kritische Bemerkungen über Harvey und seine Vorgänger(Archiv f. Physiol. etc. v. Pflüger 1882).

4) Le fameux passage en question se trouve à la page 169 et suiv. de l'ouvrage indiqué, et commence ainsi: Ut vero totam animae et spiritus rationem habeas, lector, divinam hie philosophiam adjungam, quam faeile intelliges, si in anatome fueris exercitatus..... d

5)Apologetica Disceptatio pro astrologia. Cet opuscule, extrémement rare, a été réédité en 1880 par Tollin. Berlin, chez H. R. Mecklenburg.