Aufsatz 
Calvin et Servet : (1509-1511-1553-1564) : esquisse biographique / par J. P. Magnin
Entstehung
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pour lui témoigner sa reconnaissance, il lui avait rendu tous les services en son pouvoir, et tout d'abord, il lui avait enseigné le grec. Calvin partit pour Nérac oùs s'était retirée la princesse Marguerite auprès de laquelle s'étaient réfugi'és un certain nombre de partisans de la réforme. Calvin revint ensuite à Paris. On était en automne. La ville était en é6moi. Les évangéliques, exaspérés par les rigueurs dont ils étaient l'objet, avaient perdu toute prudence: poussés peut- étre par des agents provocateurs, ils ne gardaient plus aucune mesure. La parole leur ayant été défendue, c'était à la plume qu'ils avaient eu recours, et chaque matin, la population de Paris trouvait certains écrits affichés au coin des rues, aux portes des églises, les uns inoffensifs de forme, mais sérieux de fond; les autres rédigés en termes des plus véhéments et même injurieux contre l'église romaine. Ces placards étaient si nombreux, que l'année ou ils parurent reçut et conserva dans l'histoire de France, le nom d'année des Placards. Le palais du roi ne fut pas plus respecté que le coin des rues, et la porte de son cabinet plus que celle des églises. Frangçois ler ordonna d'arréter tout suspect de sympathie pour les idées nouvelles, et lui-même, poussé par ses conseillers, résolut de frapper un grand coup.

Le 29 janvier 1535, après une cérémonie religieuse célébrée avec une pompe extraordivaire, le roi se rend à l'évéché, et, au milieu de la noblesse, du clergé, et des membres du parle- ment, il déclare solennellement qu'il n'accordera plus ni trêve ni merci, à quiconque se séparera de l'Eglise de l'Etat.Quant à moi, qui suis votre roi, dit-il en terminant son discours, si je savois l'un de mes membres maculé ou infecté de ce détestable erreur, non-seulement vous le baillerois à couper, mais encore, si j'apercevais un de mes enfants entaché, je le voudrois moi- méme sacrifier. L'effet suivit de près la menace. Le méme jour, six büchers, allumés dans six endroits différents de labonne ville de Paris, annoncèrent à la France comment le roi très pieux et très chrétien, Frangois Ier, entendait venger l'outrage fait au Roi des Rois. Le roi voulut assister lui-méême au supplice et passa successivement aux six endroits.

Voyant qu'en restant plus longtemps en France il aurait risqué sa vie sans profit pour l'œuvre de la réforme, Calvin n'avait pas attendu ce redoublement de rigueur pour s'éloigner, et vers la fin de l'année précédente(1534), il avait pris la route de l'étranger; mais avant son départ, il avait regçut, dit-on, un singulier défi. Alors vivait à Paris un certain Villeneuve, homme savant et disert, fameux déjà, qui voulait avoir avec le chef reconnu des évangéliques, une discussion sur des matières de religion. Cet homme qui ne vint pas au rendez-vous assigné, et Calvin parut seul, se cachait sous un faux nom. ¹) II avait publié, trois ans auparavant. un livre qui avait soulevé partout oùð il avait pénétré, la plus vive indignation. Catholiques et protestants étaient d'accord pour rejeter ce qu'il enseignait. Rome l'avait mis à l'index. Quel

¹) A propos de ceduel évité les biographes ne sont pas d'accord, voici l'opinion de M. Tollin à cet égard: Quant au duel évité dans la rue St. Antoine, Calvin n'en parle pas. Ce qu'il dit des admonitions(Defensio orthod. fidei p. 8) se rapporte à la correspondance par écrit qui alors n'était pas sans danger, et il le date précisément de l'année 1538. Le seul qui parle de la rue St. Antoinè, est Th. de Beze, le même qui a envoyé dans le monde tant de fables sur le pauvre Espagnol. C'est seulement après la mort de Calvin, 1565, dans sa Préface au com- mentaire de Calvin sur le livre de Josué, p. 7, qu'il nous conte ce fait de son invention, en le plaçant dans l'année 1533.