Aufsatz 
Calvin et Servet : (1509-1511-1553-1564) : esquisse biographique / par J. P. Magnin
Entstehung
Einzelbild herunterladen

12

l'empereur. La cérémonie du couronnement eut lieu le 22 février 1530, avec toute la pompe usitée en pareilles circonstances. La fierté espagnole du secrétaire de Quintana dut souffrir de l'hommage que rendit à Clément son glorieux souverain. C'était pour la seconde fois qu'il voyait un pape, mais dans des conditions bien différentes. La premieère fois, c'était à Saragosse ouù le pontife était venu en pélerin; maintenant il le contemplait dans l'appareil de sa double puissance. Ce n'était plus le simple chrétien se prosternant devant les restes d'un saint personnage, c'était le roi des rois devant lequel le plus puissant monarque fléchissait humblement le genou. Mais il y avait encore autre chose qui froissait jusqu'au plus profond de son àme, le jeune Tudéli- tain, c'était le pouvoir illimité qu'avait conféré le pape. le chef de l'Eglise, le représentant d'une puissance essentiellement spirituelle, à l'empereur, le représentant d'un pouvoir purement tem- porel. Servet n'était pas le premier scolastique de son pays pour rien, et son éternel distinguo trouvait laà matière à s'exercer. En effet, lorsqu'en présence des hauts dignitaires de l'Espagne et de l'Italie, Clément avait remis à Charles l'épée bénite, symbole du commandement supréme, ne lui avait-il pas dit d'en faire usage pour combattre les ennemis de la foi? Quand il lui tendit le globe surmonté de la croix, n'avait-il pas ajouté: Gouverne le monde avec pieté et avec fermeté? Puis enfin, quand soulevant la couronne, il l'avait posée sur le front de l'empereur agenouillé devant lui, ne s'était-il pas écrié: Que cette couronne soit à la terre entière un témoignage de l'autorité qui vient de t'être confiée?..... Dans cette consécration, le légiste Servet, le fervent estudieux de la Bible avait vu la consécration solennelle de toutes les mesures de rigueur que dorénavant on allait prendre contre quiconque ne s'inclinerait pas devant la lettre de la loi, telle que l'avaient formulée les décrétales et les conciles. ¹) Laissons Servet se disposer à suivre l'empereur à Augsbourg, et retournons à Paris.

Nous avons vu Calvin entrer au collège Montaigu et y remporter de ces succès d'école qui, s'ils ne sont pas toujours un sür garant des succès de l'dge mür, sont au moins un témoi- gnage des capacités actuelles de l'élève.

Pendant que Servet, avec sa fougue méridionale, se livrait à l'étude de la scolastique, un Espagnol initiait Calvin aux principes de cette science. Ce professeur était un disciple passionné d'KAristote et, de plus, fervent catholique, mais catholique à la manieère du philosophe de Stagyre. ²)

¹) Servet a parlé à plusiceurs reprises de son séjour à Bologne, mais il wa jamais, que l'on sache du moins, écrit une relation suivie et détaillée de son voyage. Cependant l'impression que fit sur lui la cérémonie grandiose dont il fut témoin, se grava en traits de feu dans son esprit, et voici en quels termes il la résume:..... U Christus reæ et sacerdos, suos habet ministros: ita vicarius ejus, rex et sacerdos, suos habet sacrificulos. VUIt de Christo dictum est, in manibus portabunt te, ne forte offendas ad lapidem pedem tuum- ita Papa ob hane causam ab aliis portari se facit. Terram pedibus ille tangere non audet, ne ejus sanctitas polluatur. Super humeros hominum portari, et ut Deum in terris adorari se facit? quod nemo unguam impius a condito mundo ita tentare ausus est. Hisce oculis nos pidimus, eum super principum cervices cum pompa gestari, eruces sud manu mindndo, et in mediis plateis a cuncto populo genibus fleris adorari. Usque adeo, ut gqui pedes seu calceos ipsius osculari possent, se supra alios existimarent felices.....;(Christian. Rest. p. 462.)

²) Duae pestes gravissimae Aristotelis fermentum et Hebraicae linguae ignorantia nos Christo privarunt.(De Trinit. error. Lib. VII f. III b.)