Aufsatz 
Calvin et Servet : (1509-1511-1553-1564) : esquisse biographique / par J. P. Magnin
Entstehung
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certain nombre d'bommes éminents par leur savoir et qui étaient en opposition soit ouverte, soit cachée avec la tendance orthodoxe générale. IIs préparaient peu à peu les voies à la réforme religieuse. Les franciscains, par un redoublement de cérémonies et de pratiques religieuses, avaient provoqué un certain réveil moral. Les augustins, de leur côté, préludèrent au réveil religieux dans le sens des nouvelles doctrines qui venaient d'Allemagne. Les écrits de Luther et de Mélanchton, en dépit des rigueurs de l'autorité, continuaient à se répandre: les registres du Capitole constatent quel'université était pour la pluspart infectée de ce venin. Quant à Servet, il s'était lié avec quelquesescholiers et avait pris, en leur compagnie, connaissance de lire à la sainte Ecriture et evangile. Mais l'inquisition redoublait de vigilance, et dans une ville l'on rencontrait à chaque pas des potences, soit fixes, soit portatives, et dont le sombre parlement était fier de sa chambre à torture, la mieux montée qui füt au monde en appareils de toute espèce, il était fort dangereux d'être d'un autre avis, en matière de foi, que Messieurs les Capitouls, témoin ce gentilhomme auquel ils firent trancher la tête par ce qu'il leur apportait un édit royal favorable aux protestants. Le jeune Tudélitain qui avait rompu, non pas avec l'église, mais avec la doctrine trinitaire traditionnelle dont il n'avait trouvé aucune trace dans sa bible, non plus que dans les pères de la primitive église, commençait à s'inquiéter. Ce fut précisément alors que Quintana, qui devait accompagner l'empereur en Italie, retira son secrétaire de l'université.

Le 27 juillet 1519, l'empereur donna à la flotte magnifique qui devait le transporter de Barcelone à Génes, le signal du départ. L'Italie était alors à l'apogée de sa gloire artistique. Raphaöl n'était mort que depuis quelques années: l'Arioste vivait encore; le pinceau du Corrège (Antonio Allegri), continuait à décorer d'immortelles peintures les églises de Parme; Michel Ange n'avait pas déposé son ciseau créateur; le Jitien, le chef de l'école vénitienne et peintre de l'empereur, était alors dans toute la vigueur de l'àge et du talent. Ce voyage devait donc avoir pour un esprit sérieux et cultivé comme l'était celui de Michel Servet, un intérét tont particulier. Cependant, ce qui le charmait le plus, c'était l'espérance de voir et d'entendre Alciat. Cette espérance ne devait pas se réaliser. Au lieu de se rendre à Monza pour y ceindre la couronne de fer, Charles-Quint se dirigea de Génes il débarqua, à Bologne, par Plaisance, sans toucher Pavie enseignait alors Alciat. A Plaisance, on s'arréta quelques jours(du 6 au 24 sept.). L'empereur y regut les ambassadeurs venus des diverses parties de ses immenses états., Servet fut témoin d'une scène caractéristique. Ce fut à Plaisance que, le 12 sep- tembre, les princes allemands qui avaient adhéré à la nouvelle doctrine, firent présenter à- l'empereur la protestation de Spire. Charles connaissalt déjà Luther avec lequel il s'était trouvé à Worms, huit ans auparavant. Pour Servet, c'était la première fois que des intéréts protestants étaient traités en sa présence. Charles eut bientéôt réglé l'affaire: les envoyés allemands furent éconduits et mis sur-le-champ en prison, sans autre forme de procès, puis l'empereur et sa suite quittèrent Plaisance et prirent la route de Bologne devait se trouver Clément VII. Enfin, après un voyage d'euviron soixante et quelques jours, le 4 octobre 1529, on atteignit l'antique ville aux arcades. Le pape, que les troupes impériales avaient retenu sept mois prisonnier dans Rome, trois ans auparavant, s'y était rendu avec une suite non moins brillante que celle de

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