Aufsatz 
Calvin et Servet : (1509-1511-1553-1564) : esquisse biographique / par J. P. Magnin
Entstehung
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réva pour son fils Jean les honneurs et les revenus d'une bonne carrière cléricale. Les succès de l'enfant au collège dit des Capettes ou il étudia d'abord, semblèrent justifier les réêves am- bitieux du pêère. Mais il fallait poursuivre les études, et les ressources paternelles étant fort exigués, Gérard demanda pour Jean, au seigneur de Mommor, parent de l'évéque, la faveur de partager les leçons qu'un précepteur habile donnait à ses fils; la faveur fut accordée, et Calvin entra dans la maison de Mommor, toutefois aux dépens de son père. La dépense néan- moins se trouvant trop forte pour lui, Gérard recourut de nouveau à l'évéque et obtint, en faveur de Jean, àâgé alors de douze ans, une petite place vacante, celle de chapelain à la chapelle de la Gésine. LW'évéque accueillit favorablement la demande, et en 1521 le jeune chapelain regut la tonsure. Il se mit au travail avec ardeur, et ses progrès furent tels, qu'au bout de deux ans son père ne désira plus qu'une chose: l'envoyer à quelque bonne université. Cependant la peste éclata, et les jeunes gentilshommes avec lesquels il était élevé, allaient partir pour Paris et continuer leurs études. Tremblant au danger qui menaçait son fils s'il restait à Noyon, Gérard s'adressa au chapitre duquel dépendait la chapelle de la Gésine, pour qu'on accordât au jeune chapelain la permissiond'aller bon lui semblerait pendant la peste, tout en conservant néanmoins son mince revenu. Cette permission fut accordée.

On était en 1523. A Paris, Calvin descendit chez un oncle, Richard Cauvin, serrurier de son métier. Peu de jours apres, il entrait au collège de la Marche. professait un homme d'une vaste érudition, Cordier, qui possédait au plus haut degré le talent de l'enseigne- ment et celui de gagner le cœur de ses élèves. L'impression que fit le professeur sur l'esprit du jeune Picard fut profonde. Au bout d'un an, Calvin quitta le collège de la Marche et entra au collège Montaigu il continua à se distinguer entre ses condisciples par ses éminentes facultés, son ardeur infatigable au travail, le sérieux de son caractère et ses rapides progres. C'est ainsi qu'il atteignit sa dix-huitiéme année. Mais tandis que Calvin se prépare à entrer à l'université, transportons-nous de l'autre côté des Pyrénées, et voyons ce qui s'y passait vers l'an 1510.

En Navarre, dans une petite ville sur les bords fertiles et riants de l'Ebro, Tudeèle, était venu s'établir depuis quelques années, un notaire royal nommé Servet. Ce notaire appartenait à l'ancienne noblesse de robe du royaume d'Aragon(son père etait de Villanova), et s'était allié à une famille du midi de la France, les Revès. En 1511 lui était un fils qui regut au- baptéme le nom de Michel. L'enfant paraissait doué d'une intelligence remarquable, et son père, de bonne heure, prit la résolution de le consacrer au barreau. II est permis de croire qu'en cela il suivait une tradition de famille. Ajoutons qu'à cette époque, et en raison même de l'organisation politique du pays(fueros et cortès), la jurisprudence était en honneur parti- culier et constituait une véritable puissance avec laquelle les souverains mêmes devaient compter. Quand Michel eut atteint sa dixieme année, âge auquel les parents, en Aragon, avaient coutume de faire choix de la carrière que devaient embrasser leurs fils, il fut décidé qu'en dépit de certaines velléités chevaleresques et belliqueuses, Michel entrerait à l'école que dirigeait alors, à Saragosse, le plus savant homme de l'Espagne, et auquel l'Aragon et la Castille durent la

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