13
crainte, une appréhension. On ne veut pas que ce dont on a peur, arrive. Aux verbes craindre, appréhender, trembler, avoir peur, etc., il faut encore ajouter les particules composées de crainte que, de peur que.— II peut y avoir 4 cas:
a) La proposition primordiale est affirmative et annonce le désir que l'acte de la complétive ne se réalise pas:„Je crains que César ne vainque.“ Linquiétude qui est positivement énoncée et qu'on éprouve de la possibilité que l'acte de la proposition com- plétive puisse se réaliser, détruit, en partie, la négation renfermée dans le désir qu'il ne se réalise pas; c'est pourquoi on n'emploie que la particule ne sans pas.— En latin, on exprime plus décidément le désir que César ne vainque pas, par l'emploi de la particule conjonctive ne, qui indique une négation adéquate: timeo, ne Caesar vincat.„Time- bam ne evenirent ea.“ Cic.— Je craignais que cela n'arrivat.
b) La proposition principale est négative; la complétive, positive:„Je ne crains pas que César vainque.“— La construction de cette phrase laisse entrevoir aussi qu'on ne veut pas que César vainque; mais, par la négative de la proposition principale, il est indiqué, en même temps, qu'on ne partage pas l'inquiétude sur la réalisation de l'acte subordonnée. Le sens de la phrase équivaut donc à celui que voici: je ne souhaite pas
ni ne crois que César vainque, aussi n'en suis-je pas inquiet.— En latin, c'est encore le désir que César ne vainque pas qui domine dans la phrase correspondante: non timeo, ne César vincat.„Non vereor, ne quid stulte facias.“ Cic.— Je ne erains pas
que vous fassiez quelque imprudence.
c) La proposition principale est affirmative; la subordonnée, négative:„Je crains que César ne vainque pas.“— Le sens de cette phrase équivaut à celui-ci: Je veux que César vainque, mais je crois qu'il ne vaincra pas; aussi en suis-je en inquiétude.— La négative de la proposition subordonnée provient donc de l'inquiétude que j'éprouve, que le succès puisse ne pas répondre à la volonté.— En latin, c'est encore la volonté et le désir que César vainque qui l'emporte dans la construction de la phrase: timeo, ne non Caesar vincot.—„Vereor, ne non(pour ut) fortunae tuae officere possis.“ Curt.— Je crains que vous ne puissiez pas suffire à votre fortune.
d) La proposition principale et la complétive sont négatives:„Je ne crains pas que César ne vainque pas.“— G
En voici le sens: Je veux que César vainque; mais comme je crois qu'il vaincra, ou — en exprimant cette pensée par deux négations qui se détruisent l'une l'autre— comme je ne crois pas qu'il ne vainque pas, je n'en suis pas en inquiétude.— En latin, c'est encore la volonté qui prédomine, mais, pour relever l'affirmation de la volonté, l'usage veut que la particule affirmative ut soit remplacée par son équivalent, les deux négatives ne non: non timeo(non vereor, non metuo) ne non vincat.—„Non est periculum, ne idem facere non possis.“ Cic.— II n'est point à craindre que vous n'en puissiez pas faire autant.
§. 2. Propositions qui dépendent des verbes marquant un mouvement de l'ame.
Les verbes qui expriment un mouvement de l'ame, sont: s'affliger, s'é6tonner, se réjouir, s'indigner, déplorer, regretter; éôtre bien aise, charmé, fâché, étonné, etc.; en latin: dolere, angi, mirari, admirari, gaudere, laetari, in- dignari, queri, sollicitari, gloriari; aegre, moleste, indigne ferre, etc. (verba affectuum). L'action qui nous emcut et qui agit sur notre àme peut éveiller en
—


