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suivez mes conseils, vous éviterez les inimitiés. Site rogavero aliquid, nonne respondebis? Cic. Si je vous demande quelque chose, ne me répondrez-vous pas?— Lors méme que, pour indiquer la simultanéité ou la coinci- dence des deux actions, on emploie, en latin, le futur antérieur dans les deux propositions, on garde, en français, la construction précitée: Improbe feceris, nisi eum monueris. — Vous ferez une mauvaise action, si vous ne l'avertissez pas.
b) Les deux langues divergent à l'égard de l'emploi des modes: 1. si la condition est représentée d'une manière douteuse, incertaine, problématique, et qu'on laisse indécis s'il est possible, ou non, que l'acte du verbe(de la proposition subordonnée) puisse se réaliser(wenn etwa, falls, ſollte, sumtio dandi; conjunctivus potentialis): 2. si l'on suppose que le contraire de ce qui est réel ait, ou ait eu, lieu, ou si la condition donne à entendre que l'acte supposé n'a pas lieu(parce qu'il ne peut peut- étro pas avoir lieu)— qu'il n'est pas réel.(Sumtio ficti, conjunctivus conditionalis).
Dans le premier cas, on emploie, en latin, le présent et le parfait du Subjonctif, si l'acte de la proposition circonstantielle se rapporte au temps oQ la personne parle, ou s'il y a manque de rapport à un temps déterminé; Pimparfait et le plus-que-parfait du Sub- jonctif, si l'acte de la proposition circonstantielle se rapporte au passé et qu'il indique la répétition d'un fait: Dies deficiat, si velim paupertatis causam defendere. Cic. Siproelium committeretur, propinquitas castrorum celerem superatis ex fuga receptum dabat. Liv.— En français, on emploie si avec l'imparfait et le plus-que- parfait de lIndicatif i): Le temps me manquerait si je voulais défendre la pauvreté. Dans le second cas on met, en latin, le verbe à l'imparfait ou au plus-que- parfait du Subjonctif, selon que la proposition circonstantielle a rapport au présent ou au passé; en français, à l'imparfait ou au plus-que-parfait de PIndicatif, après si— et aux temps du Conditionnel, après quand: Si venisses ad exercitum, a tribunis milita- ribus visus esses. Cic.— Si'tu étais venu à l'armée, les tribuns des soldats t'auraient vu. ²)
¹) Au lieu de si, on se sert aussi de la particule quand suivi du présent, de l'imparfait, et du plus- que-parfait de l'Indicatif. L'emploi de quand est préférable à celui de si toutes les fois qu'il s'agit de marquer la répétition d'un fait:„Quand le combat était engagé, la proximité du camp offrait vite un asyle aux fuyards.“
²) Nous avons déjh fait remarquer, lorsqu'il était question du- Subjonctif des propositions principales, que les propositions corrélatives des phrases hypothétiques se mettent en français au Conditionnel, temps de l'Indicatif(v. Remarque 1re p. 1.), parce que ces sortes de propositions sont, pour ainsi dire, inhérentes à l'hypothèse; de manidre que ce qui est énoncé dans la theèse peut étre regardé comme une conséquence certaine et positive de la réalisation de ce qui est énoncé dans l'hypothèse, quoique l'acte de celle-ci ne soit, en lui-même, que supposé et contraire à la réalité. De laà vient aussi que souvent on substitue l'im- parfait de l'Indicatif, comme en latin au plus-que-parfait du Subjonctif, au Conditionnel. Cela se conçoit d'autant plus aisément qu'on se sert dans la proposition corrélative, à la condition déjà mentionnée, du futur, quand la proposition conditionnelle est au présent. Qu'on compare les phrases que voici:„Si vous suivez mes conseils, vous éviterez les inimitiés.— Si vous suiviez mes conseils, vous éviteriez les inimitiés.“ =„Vincebat auxilio loci paucitas(Fabiorum), ni jugo circummissus Vejens in verticem collis évasisset.“ Sen. —„Si les Veiens, envoyés pour tourner la montagne et favorisés par le territoire, n'avaient gagné les hauteurs de la colline, le petit nombre vainquait.“— Au lieu de si avec la 3me personne du plus-que- parfait de 1'Indicatif, il est aussi usité, pour relever la condition, d'y substituer la 3me personne du même temps du Subjonctif:„S'il m'eùt obéi, etc.“


