Aufsatz 
Le subjonctif francais comparé au conjonctif latin / Becker
Entstehung
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trouve de cet emploi du Subjonctif encore quelques restes, telsquo: je ne suche(haud sciam an), que je sache(quod sciam). ¹)

b) Le Subjonctif dans les propositions principales qui supposent quelque chose(con- junctivus conditionalis), a été réduit à celui du plus-que-parfait. Le présent, le parfait et limparfait du Subjonctif latin sont remplacés, en français, par le Conditionnel:

Les poëtes eussent echassé les Titans, si les Titans avaient echassé du eiel Jupiter. Volt.

Me dies, vox deficiant. Cic. Le temps, la voiæ me munqueraient. L'imparfait du Subjonctif s'emploie encore, en français, si la proposition principale est elle-méême proposition complétive d'une autre proposition principale:

Je doute que le comte d' Essex obtint pardon, s'il en demandait.

Hane rationem Epieurus induxit, quod veritus est, ne, si semper atom us gravitate ferretur naturali, nihil liberum nobis esset, ete. Cic.

§. 2. a) Les Français emploient encore le Subjonctif en forme d'interrogation, si la proposition contient une concession(conjunctivus concessivus), et qu'elle fasse fonction de proposition circonstantielle. Cela n'a cependant lieu que quand la phrase commence par un auxiliaire, comme: dassé- je, fussé- je, eut-il, ete. Les Latins se servent du Subjonctif, sans, ou avec les conjonctions correspondantes ne, ut non, etiamsi, quamquam, ele.: Moi, ſussé- je vaincu, j'aimerais ta victoire. Sit fur, sit saerilegus: al est bonus imperator. Ut desint vires, tamen est luudanda volunlas.

b) Parmi ces sortes de propositions se rangent aussi celles qui, soit dans T'ordre

²) a) Les autres exemples latins qui sont à la portée de cette règle, se rendent, en français, par le conditionnel du verbe fini, ou par celui des verbes auxiliaires pouvoir, aimer, étre possible, etc.: Grediderim= jaime à croire(ich möchte); dixerimus= nous pourrions dire(wir könnten); Diceres, crederes, putares=(on eüt dit, on edüt cru), on dirait, on croirait(man hätte ſollen, können).(Voyez aussi le Subjonctif dans les propositions principales des phrases hypothétiqucs). Velim, nolim, malim= je voudrais(optat. grec avec dr), je ne voudrais pas, j'aimerais mieux: Hic quaerat quispiam. Cic. Iei quelqu'un pourrait demander-

b) C'est à cette règle que se rattachent aussi les interrogations oratoires et dubitatives qui s'énoncent avec une certaine indécision. On les met, en latin, au. Subjonctif ou à l'Infinitif; en français, au futur, au Conditionnel et à l'Infinitif: Quid dicam? Quc dire(que dirai-je)? Quo me vertam? Ou m'adresser? Valerius quotidie cantabat; quid faceretaliud? Quelle autre chose aurait-i. faite? Cur igitur et Camillus doleret? Pourquoi Camille s'affligerait-il donc? Mene incepto desistere? Moi, me désister de mon dessein?

c) 1. Les Latins substituent souvent à l'imparfait et au plus-que-parfait du Subjonctif des verbes oportet, necesse est, debere, posse le présent, l'imparfait, le parfait et le plus-que-parfait de IIndicatif, et, quelquefois, ils en font autant du participe du futur passif avec esse. Les Français, qui ont emprunté aux Latins cette manière de s'exprimer, se servent seulement de l'imparfait de l'Indicatif des verbes falloir, pouvoir, devoir, au lieu du plus-que-parfait du Subjonctif de ces verbes; tandis que le présent du latin könnte, müßte, ſollte) se rend, en français, par le Conditionnel de ces verbes: Possum persequi multa oblectamenta vitae rusticae. Cic. Je pourrais énumérer quantité d'amusements champéètres(könnte). Ad mortem te duci jam pridem oportebat. Cic. Depuis long-temps on devait te trainer au supplice.

2. Cet emploi de l'Indicatif pour le Subjonctif, dans le sens du Conditionnel français et du Subjonctif allemand, a aussi lieu dans les verbes evenit, licet, necesse-, fas-, aequum-, par-, justum-, melius-, aequius-, optabilius est, etc.; il conviendrait, il serait permis, nécessaire, juste, il vaudrait mieux, etc.(es ſchickte ſich, wäre erlaubt). L'idée de devoir, de nécessité, de justice est exprimée, en latin, d'une manière positive, parce que ce devoir, cette nécessité existaient indépendamment de l'acte qui a pu n'y ôtre pas conforme.