Aufsatz 
Le subjonctif francais comparé au conjonctif latin / Becker
Entstehung
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réflexion quasi intermédiaire, de supposition. Il n'énonce donce pas la pensée d'une manière positive et objective, mais d'une manière indirecte et subjeetive. Une langue peut exprimer, soit une pensée, soit un fait, d'une manière positive et objective; tandis qu'une autre les exprime, comme réflétant, pour ainsi dire, l'opération de l'esprit de celui qui parle, ou, en d'autres termes, d'une manière subjective. A l'appui de ce que nous venons d'avancer, examinons la phrase latine:

Plato escam malorum voluptatem appellat, quod eu videlicet homines capiantur, ut homo pisces.

Cicéron m'y a pas employé le Subjonctif capiantur pour exprimer sa propre manière de voir, mais celle de Platon. Le motif qui porte Platon à nommer la volupté l'appät des vices n'est donc pas représenté, dans la phrase citée, comme étant pensé directement par Cicéron, mais comment Platon peut l'avoir concu et comment Cicéron T'a interprété. Si Cicéron avait voulu émettre sa propre opinion, il aurait employé l'indicatif quod capiuntur. C'est donc la personne parlante qui préte au Subjonctif le point d'appui; car il n'est mis que parce que la pensée, avant d'étre énoncée, a été soumise à la réflexion de la personne parlante. L'Allemand dirait de même: weil die Menſchen gefangen würden, tandisque le Français emploierait l'Indicatif: apparemment, parce que les hommes s'h laissent prendre.

Examinons encore la phrase allemande:

Ein Philoſoph ſagte, daß es unzählige Welten gäbe.

La proposition subordonnéedaß es unzählige Welten gäbe, qui tient lieu de complé- ment, peut paraitre réelle ou positive à cause de la nature de la chose et par rapport au tempe du verbegäbe; mais le Subjonctifgäbe y est seulement employé par la personne qui rapporte l'assertion du philosophe. Le philosophe ne peut avoir dit que: Es gibt unzählige Welten. Le narrateur aurait aussi pu dire: Ein Philoſoph ſagte: es gibt unzählige Welten, ou en forme de proposition dépendante: Ein Philoſoph ſagte, daß es unzählige Welten gibt facçon de s'exprimer qui ne convient guére aux Allemands. Mais comme l'énoncé de la pensée duphilosophe doit porter, pour ainsi dire, le cachet de Vopération de esprit du narrateur, le verbe ne peut se mettre qu'à l'imparfait du Subjonctif (à cause de Pimparfaitſagte), ou au présent du Subjonctif,(à cause de la généralisation du jugement, et à cause des propres termes duphilosophe qui à se servir du présent gibt). Le génie de la langue française m'admettrait pas le Subjonctif dans l'exemple précité. Elle rend cette pensée telle que lephilosophe l'a formulée:un philosophe prétendait que les mondes sont(par rapport à la généralisation de la proposition, dont la justesse n'est pas encore contestée de nos jours) innombrables, ouétaient innombrables (par rapport à l'imparfaitprétendait).

Le Latin exprime la proposition subordonnéedaß es unzählige Welten gäbe par une proposition infinitive, parce qu'il regarde cette proposition quasi comme complément direct deſagte: Philosophus dixit innumerabiles esse mundos.

J.

Du Subjonetif einploré dans les Propositions absolues et dans les prineipales.

La langue latine abonde en cas od elle exige l'emploi du Subjonctif dans les propositions absolues; la française en a fort restreint le nombre.

§. 1. a) Quand on énonce une pensée, d'une manière vague, avec une certaine discrétion ou retenue(conjunctivus potentialis), on emploie, en latin, le Subjonctif. En français, on