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avait établi les règles de l'accent français, il eut fait tout lopposé et qu'il eùt scande tambiquement bien des mots que M. Dubroca appelle des trochées; il aurait surement accentué comme M. Ackermann: marcher, confusion, blancheur, chercher. Peu apreès M. Ouicherat proposa de soumettre l'alexandrin à une loi rhythmique; mais malheu. reusement il crut inutile de fixer les règles de l'accent, sans lesquelles tout système rhythmique n'est que chimère; nouvel Ieare, voulant marcher sans pieds, sa chute devenait inévitable. Après lui vint M. Ackermann. Les reéfutations insérées à la seconde édition de son excellent Traité de lAecent prouvent qu'il trouva en France une aussi forte opposition que ses prédécesseurs; on lui dit d'εtre philosophe, c'est-à- dire de renoncer à tout projet tendant à instruire ses compatriotes. Bien loin de partager l'indifférence généralement répandue sur le sol francais au sujet de P'art métrique, nous recueillerons les passages les plus marquants du Traité de PAccent ²²³), puis nous ferons le résumé de nos recherches.
M. Fallot dit dans ses Recherehes sur les formes grammaticales de la Langue française:„Les langues qui ont des désinences générales bien déterminées, pen nombreuses et d'un emploi tres-constant et très-commun, bien nettement séparables de la racine à laquelle elles se suffxent, ne peuvent pas mettre l'accent tonique sur la dernière syllabe des mots, ou ne peuvent''y mettre que par exception. Dans les langues dérivées, P'accent tonique du mot est placé sur celle de ses syllabes qui appartient en propre à la langue et qu'elle a modifiée ou fait fléchir pour s'approprier ce mot. Ainsi, en francais, des mots fraternitas, conseriptio, qui ont l'accent tonique, non la quantité, sur l'antépénultième, nous avons fait fraternité, conscriptiön, qui ont l'accent tonique sur la dernière. ²³) C'est qu'effectivement c'est cette dernière syllabe qui est proprement francaise, n'appartenant qu'à notre langue, la distinguant et de la langue meère et des dérivées collatérales.“ En parlant plus généralement, on dirait que ces syllabes, plas fermement articulées dans J'italien et l'espagnol, sont communes à toutes les langues néolatines.
Voilà le principe, le seul juste et bien palpable;„tout y est, dit M. Ackermann, car dans toutes les langues dérivées du latin rustique, les racines, plus on moins détériorées par le broiement des siècles, ne ponvant plus être saisies par leur point vital, qui est la quantité, ont dù céder leur vertu métrique à l'accent qui distingue les syllabes de souche moderne, lesquelles appartiennent seules à ces langues. C'est
²²) Traité de YAccent appliqué à la théorie de la Versiſicalion, par P. Ackermann. Berlin, Asher, 1843.
²³) Nous avions dit dans notre Glementarlehrbuch(Bielefeld, Velhagen und Klaſiug) gue Taccent repose sur la dernière ou sur la pénultibme; en conséquence de cet axiome nous prescrivimes de prononcer enfant, demain, environune, appelle; tächant de faire voir à ceux qui ne le savent pas que des mots latins amare, laudare, amicus se formèrent aimer, louer, ami, de mème qu'on prononce religion, vertu, vérité, des ablatifs latins religione, virtute, veritate(d'autres préferent l'accusatif), et par la mèême raison succes, procèes, rendu, privas. Un critique, confondant la prolation vulgaire des enfants de Paris avec la diction oratoire et poëétique, fondée sur le principe vital commun à toutes les langues romanes, crut devoir nous enseigner que toutes les syllabes sont égales.


