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C'est done du règne de Louis XI que datent les premiers progrès de la langue; avant lui, dit Estienne Pasquier,„elle n'était ni courtisane, ni éloquente, mais une pauvre villageoise et à laquelle nuls bons esprits n'osaient attacher leurs plumes. Les patois prenaient divers plis selon la diversité des provinces, et avant que im- primerie ne fůt inventée, chacun des copistes donnait un nouveau tour et le gazouillis de son pays natal an manuscrit quiil transerivait.“ En effet, avant Commines il n'y eut point de prose, avant Montaigne de style philosophique, et Jon a fait trop d'honneur à Fillon de prétendre qu'il ait„débrouillé Part confus de nos vieux roman- ciers.“ Le regne de Charles VIII n'est guère remarquable à l'égard des progrès de la langue. Louis XII fut plus glorieux du titre de Pere du Peuple que de celui de Pere des Lettres, réservé à François Jer.„Ce roi, dit M. Chasles, fatigué de la barbarie, fait enfin déchoir de son rang la prétendue langue latine; la mauvaise latinité expire; adopté par le gouvernement, le français s'élève au rang qui lui est dù. Alors on commenca à traiter lasgrammaire francaise comme une science.“— Palsgrave, puis Dubois, qui eut soin de se nommer Syluius, écrivirent des grammaires francaises; Florimond fit introduire l'apostrophe; Estienne, connu sous le nom de Stephanus, Meigret, le grammairien par excellence, La Ramée, qui se nomma Ramus, jetèrent les fondements de la grammaire raisonnée; on distingua le v de l'u; on introduisit les accents pour distinguer les sons de l'e; le systèeme de contraection, commencé dans Forigine de la langue, fut porté à son comble; on rejeta le redoublement des consonnes, et par là on amollit la langue, en la dépouillant, autant que possible, de ce qui lui était resté de son énergie primitive. Aristoteles, harceelé de toutes parts, fut contraint de se raccourcir et de se mettre à la mode sous la figure d'Aristote, quoique Praxiteles s'appelät Praxitele et que Pyrgoteles, moins connu, restàt intact et sans accent. Aeneas et Rhea, Atreus et Medea sassimilèrent sous une terminaison épicène et furent appelés Enée et Rhée(Rhéa Sylvia ne fut pas ehangée), Atrée et Médée, tandis qu'une foule de noms en as, tels que Epaminondas, Leonidas et Pallas furent respectés; le preux Xerxès, en transposant son accent, le perdit tout-à-fait; Cicero et Cato, ainsi que Juno et Dido, durent se faire aux voix nasales, bien qu'en général la galanterie défendit de toucher aux noms de femmes: Calypso, Io, Clio, Erato, Ino resterent Grecques pur sang; Alhenae, Thebae, Peji et d'autres noms de ville, prirent le s moderne sans conserver leur droit de pluralité; Homeros enfin, qui parut si
donnerons dans la conviction qu'elle renferme une certaine vérité, quant au langage de la conversation. 4„Wenn die Völker anfangen, ſich des Gefühls und des Gemüths zu entwöhnen, und ſtatt, wie es im Homer heißt, mit dem Herzen zu denken, ihre geiſtige Thätigkeit auf Sammlung und Ordnung der Begriffe oder auf den Verſtand allein einſchränken, ſo löſt ſich allmählig das Verhältniß der Sylben auf, und der Ton verſchwindet am Ende ganz in ihrer Sprache. So im Franzöſiſchen, wo es ſogar als Fehler gilt, mit Accent zu ſprechen, und im ſogenannten Judendeutſch, das in ſeiner Art vollkommen ſo geſprochen wird, wie das Franzöſiſche von aller Welt.“(F. Thierſch's griechiſche Grammatik 3. Auſtage S. 56.) Voir encore Kolbe: Ueber den Wort⸗ reichthum der franzöſiſchen und der deutſchen Sprache und beider Aulagen zur Poeſie. Bd. I. 127.
Opposons à cette sentence d'un philologue allemand le soupir d'nn littérateur parisien:„II faut des veux d'Allemand et une patienee d'outre-Rhin pour chercher des idées sous des biéroglyphes.“(Journal. der Débats, 11 mai 1829, en annonçant l'édition de Montaigne par L. Leclere)


