Aufsatz 
Du Principe rhythmique de la langue francaise
Entstehung
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lyriques portées sur les théätres de Paris font preuve d'un dénuement complet de tout sentiment rhythmique; il aurait encore pu dire que les chants nationaux fredonnés depuis plusieurs siccles ne sont, quant à la valeur musicale, que des bouts-rimés faisant suer sang et eau aux compositeurs les plus exercés, lesquels, pour mettre en musique les paroles désharmonieuses de ces chants, se voient contraints de placer des notes d'appui sur des syllabes muettes, tandis quwils font glisser la voix sur des syllabes sonores et fortement accentuées: témoins les vers suivants répétés depuis trente ans par les enfants de Paris: Il ést plus dängeréux de glissér (Gefährlich iſt's auf dem Eiſe zu glitſchen, Sur gazon qué sur la gläce. Gefäahrlicher noch auf dem Graſe.)

Voilaà bien le rhythme sur lequel se sont chantés ces vers sur toutes les scenes. Et en est-il autrement de la mesure de la chanson d'Henri IV, battue chaque jour sur les carillons du Nord?

Vive Henri quâtre Vivé ce roi vaillänt etc.

Enfin les musiciens de l'Allemagne n'ont pu s'empècher de signaler dans leurs journaux les cantiques de triste mémoire exéeutés en 1827 sous les auspices des missionnaires qui ne se firent aucun scrupule de faire chanter des paroles religieuses

sur un air de Robin des Bois. Nous ne les reproduirons pas, craignant prendre part a une double profanation.

En présence de pareils documents, ce ne serait pas un crime de disputer aux Français mèême la plus faible notion du principe musical inséparable de tonte parole chantée, s'il n'existait une foule de bons ouvrages qui font preuve du contraire; toute- fois, avant d'aberder cette question doublement importante pour les étrangers, nous donnerons un apercu général des lumières répandues sur la Prosodie française aux différentes époques de la formation de la langue, en examinant ce que nous enseignent à ce sujet les grammairiens les plus acerédités.

Thsodore de Peze, contemporain et disciple de Calvin, dit):Germanis fugienda est tum illa tarditas in singulis pene dictionibus vocem sistens, et tandem in extrema periodo quasi pondere quodam delassatam praecipitans, tum etiam in litteris nimium fortiter exprimendis asperitas summopere vitanda. Francorum enim ut ingenia valde mobilia sunt, ita quoque pronuntiatio celerrima est. Hoc igitur imprimis est Germanis providendum et attentissime observandum, ut sese huic volubilitati quam studiosissime assuefaciant.

Ce que cet gerivain a dit en latin, cent autres Pont répété en différentes langues, et le passage suivant nous montre que certains maitres de Fart, bien loin de partager les regrets de M. Dubroca, se gloriſient de ce défaut:Surtout pas de sons trainants ni approchant des sons appréciables ou musicaux; car c'est encore en cela que notre

³) De francicae lingude recta pronuntiatione. Genevae, 158 4. Extrait du Sprachbuch de Haxer.