IE DEIS3IE EN ANGLETERRE
ET—
80X INPLUEXCE SUR LES LITTERXTURPS ANGLAIS FT FRANCAISE.
La fin du dixhuitième siécle nous offre une terrible convulsion au sein de la nation française, convulsion qui, égale à un tremblement de terre, s'est propagée par toute Europe. Bien des hommes d Etat, bien des philosophes et des historiens ont täché et se sont piqués d'en rechercher les causes qui, différentes pour la plupart des causes ordinaires, demandent une investigation plus exacte, plus ample et en même temps plus minutieuse.
A P'époque indiquée il n'y eut en France ni conquètes, ni insupportable tyrannie, ni rivalités d'heureux généraux— mais il y eut bien alors une marche particulière des opinions humaines, éveillées et conduites par des productions T'esprit remarquables et pernicieuses en même temps. Nous savons bien que nombre d'écrivains ont plaidé la cause de la littérature française de ce siècle, ne lui imputant pas la moindre faute, car, disent-ils, la littérature nationale est toujours et doit être Pexpression de la société. IIs prétendent que la littérature ne crée point, mais suit les opinions et les moeurs d'une nation, qu'elle en est le résultat, en dépend et en éprouve un changement correspondant. C'est particulièrement Mr. de Barante qui, dans son ouvrage classique„La Littérature française pendant le dixhuitième siècle“, sénonce de cette manière. Le noble pair semble vouloir oublier que chaque mou- vement résulte d'une force mouvante, qu'il n'y a point de création sans créateur, et que les opinions et les moeurs dont le caractère est la stabilité par préférence, ne peuvent etre alte- rées que par des agents provocateurs, déterminés et puissants.
Nous sommes bien loin de contester que la littérature classique d'une nation soit, pour- ainsi dire, Tocéan d'Homère qui, en cernant de tous les côtés les continents des sciences, des opinions, des moeurs et des habitudes, en recçoit les affluents.
Oui, c'est le bassin vaste et commun auquel sont tributaires les fleuves, les rivières et les ruisscaux destinés à rassembler les évaporations du sol et à les ramener à leur source primitive. Cet océan, tant qu'il est tranquil et clair, offre un spectacle intéressant, un moyen de communication aussi utile qu'expéditif; mais dès que la violence des vents rebelles y sou- léve les vagues, il portera la déstruction et la mort parmi ceux qui s'y seront aventurés.— Nous taxerions de fou tout celui qui voudrait imaginer des moyens à agiter la surface de
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