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En effet, elle est belle, la nuit de Provence:
... Lou dlar de luno que dono
Sur li boutoun de courbo-dono;
E L'aureto Westién que frusto, d1 ſoun fali,
Lauto barbeno dis aspie,
Quand, souto la molo couligo,
En milo e milo rigo-migo Se Fringouion d'amour coume Uin Sen krefolli.
Le clair de lune qui donne
Sur les boutons de narcisse;
Et la brise d'été qui frôle, au jour tombant,
Les hautes barbes des épis,
Quand sous le mol chatouille- ment
En mille et mille ondulations,
Ils se trémoussent d'amour comme un sein qui tressaille.
M. p. 174. En effet, elle est douce, mais elle n'est rien auprès de la félicité qu'éprouvent Mireille et Vincent. Dans un autre passage, c'est du silence nocturne que parle notre poète:
mut coume la niue muet comme la nuit M. p. 326.
est le pâtre que Mireille rencontre dans sa fuite. La nuit est paisible et pleine de silence, évidemment; pour le matin, c'est différent: la tout est vie ct....
serenado coumeé P'alen di matinado
fraiĩche
comme le souffle des matinées
M. p. 474.
est l'haleine de Vincent lorsque Mireille, agonisante aux Saintes-
Maries, le sent venir du côté de la terre... Pour nous bien faire
voir la splendeur provenant de la figure de Sara, servante des trois Maries, le poète provençal, en vrai Méridional, nous dit:
OQue lou front ie lusis coume Que son front avait une auréo-
UIno dulbo' Abrél. le comme une aube d'avril.
M. p. 426.
Nous autres, nous dirions»une aube de mai«. Cependant, il ne faut pas oublier que nous sommes en Provence, ouù le prin- temps parait de bonne heure et où les rigueurs de''hiver ne se font que très peu sentir.
Aussi, la neige, qui tombe mais ne séjourne que sur les montagnes, ne se trouve que deux fois dans les comparaisons: Coumeè la nêèu di colo d Uuscle Comme la neige des collines
doòt Soltlen au hale M. p. 208. du soleil verrais-je fondre tes joues, Mireille! lui dit maitre Ramon, furieux des amours de sa fille; et puis, à l'église des Saintes- Maries, cette dernière, en parlant des mantilles que les Maries portent sur l'épaule, dit que


