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E lou souleu, que Diéen dou- mino,
Lou grand soulen mounto, Ilumino,
En coungreiant senso termino
Et le soleil, dont l'empire est à Dieu,
Le grand soleil monte, illu— mine,
En procréant sans limite ni fin
De nouvéeus estrambord, de noubvens amourons.
De nouveaux enthousiasmés, de nouveaux amoureux.« C. p. 481. Comparaisons.
Voilà J'analyse des deux poèmes, un peu maigre, il est vrai, et bien terne à côté de T'original sublime; mais qui pourrait égaler en simple prose les vers de Mistral si beaux, si sonores? Qui pourrait méême y prétendre? Qui pourrait imiter cette belle langue provencçale pleine dimages et d'expressions fleuries?.
On sait que les comparaisons sont une particularité des langues du Midi, toutes propres à la poëésie: le grec, l'italien, le corse*) n'en manquent pas.
Personne ne doute que le provencal, la langue des poètes, qui recherche toujours les termes poétiques“*), ne se serve souvent de comparaisons et que les poèmes de Mistral n'en soient remplis.
Mais il n'y a rien de factice dans ces comparaisons; elles semblent émaner de la nature: lui-mème m'a dit que, pour étre poète, il faut êétre naturel. Parfois, il est vrai, ses comparaisons nous semblent un peu bizarres. Mais, que voulez-vous? Mistral est Provençal; et les Méridionaux, doués dune plus grande imagination que les fils du Nord, forment des comparaisons plus hardies et plus riches que nous autres. Qu'on se rappelle ici les chants de la Corse sur la mort et la vendetta.
Nombreuses et multiformes, les comparaisons de notre poète semblent former un monde en soi:
Décrivant la nuit magnifique, pendant laquelle Sévéran et Calendal entrent dans le chateau d'Aiglun, Mistral nous transporte à lépoque du déluge en disant:
*) Pour les comparaisons des poésies corses, voir mon essai intitulé „Dans le Midi. Souvenir d'un voyage en Corse«. Programm. Waldenburg i. Schl. Gymnasium 1903.
**) je vous rappellerai seulement l'expression: un aubre de Dicu= un arbre de Dieu, c'est-à-dire un arbre superbe, chargé de fruits. Voir Fourviero, Grammaire provençale. p. 20(Avignon, Aubanel).


