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veut pas rester chez lui; et sans se laisser retenir par les larmes de sa femme, il se rue à la lutte.
Oh, il sait son métier; il fait si bien qu'enfin, tous les autres péêcheurs culbutés, il n'a plus affaire qu'à Alphéran; mais c'est alors que son destin se décide: renversé par des coups formidables, Négrel tombe à l'eau.
I ne reste plus que deux champions: Alphéran et Calendal; le dernier triomphe d'un adversaire jusque-là invincible.
On ne s'étonne pas que Calendal soit le héros de Cassis, on le promène à travers la ville, on l'adore, on le couronne de lauriers.
Mais Alphéran, jaloux de cette victoire, dit des mensonges pour rabaisser Calendal, et, par d'habiles calomnies il réussit à exciter contre lui les esprits des Cassidiens, de sorte que le jeune héros se voit forcé de fuir.
Triste à mourir, pauvre, ne sachant que faire, Calendal monte sur le Gibal; il va raconter tout son chagrin à l'adorable femme. Elle le console en lui racontant l'histoire de Guillaume au Nez Court qui, ayant tout perdu dans la bataille d'Aliscans, a tout regagné en suivant les conseils de sa femme, la comtesse d'Orange.
Encouragé par ces paroles, Calendal redescend à la häte, préêt à accomplir d'autres exploits et à montrer ainsi leur in- gratitude aux Cassidiens...
Non loin d'Orange s'élève le Mont Ventoux, on le voit très bien de la colline qui domine la ville. C'est, sans doute, une des plus hautes cimes de Provence. Une forét de mélèzes la couronne, mais personne n'a jamais osé y grimper ni couper ces arbres. Il faut connaftre cette paroi de rochers.
Calendal y va.
Armé de sa cognée, il fait ce que d'autres ont pris pour impossible; et, après trente jours d'efforts et de dangers, il a abattu tous les mélèzes et il redescend vivant et bien-portant.
Mais, loin de se contenter de cela, Calendal cherche d'autres travaux.
II va se diriger vers le Rocher du Cire, qui surplombe la vallée de la Nesque. Accompagné d'un gars, il gagne le sommet par un circuit très pénible; puis, attachant un cäble à un genévrier, il descend en glissant jusqu'à ce qu'il se trouve en face d'une petite colonie de ruches. II enlève tout le miel; et quoique piqué et torturé par les abeilles, qui, furieuses, défendent leur petite république, il finit par regagner le sommet.


