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Comparaison dans les poèmes de Frédérik Mistral / par Dr. Hans Weiske, Oberlehrer an der städtischen Realschule
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connu l'histoire de notre pays; mais, plus que cela, j'ai aussi appris à aimer notre belle Provence, semblable à une ile heureuse, pleine de chants et de danses, au milieu de l'Océan orageux. C'est ce qu'elle était autrefois; puis elle se vit envahie par des nations ennemies: ses trouvères s'enfuirent, ses châteaux tom- bèrent en ruines, et sa belle langue ne survécut que parmi les pätres et les pécheurs. Mais nous te conservons, ò langue d'amour! Pour palais tu as la nature; pour couronne, les étoiles; pour miroirs, les ondes; pour rideau, les pins....

Jusqu'à vingt ans, j'ai vécu tranquillement dans ma ville natale. Mais, un jour, j'aij vu sur le Mont Gibal une femme divinement belle, dont je suis tombé éperdüment amoureux. Mais elle, méprisant mes transports, m'a repoussé en me disant que je n'étais pas digne d'elle, que je n'étais ni assez fameux, ni assez fort, ni assez fin.

C'est alors que j'ai résolu d'accomplir des exploits sur- humains pour la conquérir.

Au diable la pauvreté!

Je suis vite descendu à Cassis, je me suis mis à construire, dans un petit port peu accessible, une grande enceinte de filets, ce que nous appelons, nous autres, une madrague et j'ai réussi à pécher une grande quantité de thons.

Enrichi par des péches miraculeuses, j'ai acheté chez un orfèvre des bracelets, des bagues, des boucles d'oreilles, enfin tous les bijoux que j'ai pu trouver, et j'ai couru offrir tout cela à Estérelle. Mais, dédaigneuse, elle m'a répondu que l'amour d'une ame fière ne se laisse pas conquérir par quelques oripeaux: sans hésiter, j'ai jeté tous les présents dans un précipice.

Elle a souri en voyant cela, et, en parlant des exploits que les anciens trouvères accomplissaient pour leurs dames, elle m'a devoilé un monde jusque- inconnu pour moi.

La divine femme s'est retirée; je me suis haté de retourner à Cassis, oùð j'ai été féêter en l'honneur de ma péèche aux thons.

Alors le jeune homme s'interrompt de nouveau. Mais, tout son auditoire s'intéressant de plus en plus, il n'hésite pas à continuer de plus belle, parlant des jeux et des prix, des danses provencales, enfin de la grande joute, qui a eu lieu dans la rade de Cassis.

On sait que les joutes sont de grandes fèêtes pour les marins et les pécheurs et qu'on n'aime pas à en étre absent: c'est ainsi qu'un marin, le capitaine Négrel, qui, blessé dans les colonies vient de revenir, et qui porte son bras en écharpe, ne